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États-Unis : la dette fédérale franchit le seuil des 40 000 milliards de dollars

États-Unis la dette fédérale franchit le seuil des 40 000 milliards de dollars

ParGrandes Lignes

Pour la première fois, la dette du gouvernement américain dépasse les 40 000 milliards de dollars. Une progression plus rapide qu’anticipé, alimentée par des déficits persistants, la hausse des dépenses et un coût du financement devenu nettement plus lourd.

Les États-Unis viennent de franchir un nouveau seuil dans l’accumulation de leur dette. Selon les données publiées mercredi 19 août par le département du Trésor, l’endettement fédéral atteint désormais 40 047 milliards de dollars, dépassant pour la première fois la barre des 40 000 milliards.

Le cap est d’autant plus notable qu’il intervient plus tôt que prévu. Le Bureau du budget du Congrès tablait jusqu’ici sur une dette d’environ 39 400 milliards de dollars à la fin de l’année.

Cette accélération résulte de plusieurs facteurs : augmentation des dépenses liées notamment à la santé et à la sécurité sociale, déficits budgétaires élevés et, surtout, poids croissant des intérêts que Washington doit verser à ses créanciers.

Le coût de la dette devient lui-même un problème

La remontée des taux d’intérêt complique désormais l’équation budgétaire américaine.

Les inquiétudes autour de l’inflation, renforcées par la guerre au Moyen-Orient et les tensions sur les prix de l’énergie, ont poussé les rendements obligataires américains vers des niveaux rarement observés depuis près de deux décennies. Mardi, le rendement des bons du Trésor à trente ans a atteint son plus haut niveau depuis 2007.

Pour Washington, des taux plus élevés signifient qu’une part croissante du budget doit être consacrée au paiement des intérêts et au refinancement des emprunts arrivant à échéance.

Le Trésor américain a d’ailleurs annoncé une augmentation de ses rachats d’obligations à long terme à partir de septembre, une intervention qui a contribué à apaiser temporairement les tensions sur le marché.

Une dette qui représente près de 125 % du PIB

La progression sur le temps long est considérable. Depuis la crise financière de 2008, la dette fédérale américaine a plus que doublé et représente désormais près de 125 % du produit intérieur brut du pays.

Le déficit annuel demeure lui aussi très élevé. Alors qu’un déficit représentant 3 % à 4 % du PIB suffisait autrefois à susciter l’inquiétude des investisseurs, les États-Unis évoluent aujourd’hui autour de niveaux compris entre 6 % et 7 %.

Cette situation nourrit un débat de plus en plus vif à Washington sur la soutenabilité des finances publiques.

Les choix de Trump sous surveillance

Donald Trump avait promis de réduire fortement les dépenses fédérales et de ramener le déficit à des niveaux beaucoup plus faibles. Son secrétaire au Trésor, Scott Bessent, avait notamment fixé comme objectif un déficit ramené à 3 % du PIB.

La trajectoire a pour l’instant évolué dans la direction opposée.

Les réductions d’impôts, l’augmentation des dépenses militaires, notamment celles liées au conflit avec l’Iran, ainsi que le remboursement de droits de douane aux entreprises après leur annulation par la Cour suprême ont accru les besoins de financement de l’État fédéral.

Le franchissement des 40 000 milliards a immédiatement relancé les critiques des deux camps au Congrès. Des élus démocrates reprochent à Donald Trump d’avoir aggravé une dette qu’il promettait autrefois de réduire, tandis que plusieurs républicains réclament une baisse beaucoup plus radicale des dépenses publiques.

Pas de seuil automatique de crise

Le chiffre de 40 000 milliards de dollars est spectaculaire, mais il ne signifie pas que les États-Unis entrent mécaniquement dans une crise de la dette.

Les économistes accordent notamment une attention particulière à la dette détenue par le public, qui exclut les sommes que différentes administrations fédérales se doivent entre elles. La capacité des États-Unis à emprunter reste également soutenue par la profondeur de leurs marchés financiers et le rôle central du dollar dans l’économie mondiale.

Le problème se situe davantage dans la trajectoire : lorsque la dette augmente rapidement alors que les taux restent élevés, les intérêts absorbent progressivement davantage de ressources budgétaires.

Le passage des 40 000 milliards de dollars constitue donc moins une frontière financière infranchissable qu’un nouveau signal d’alerte pour Washington. Sans réduction durable des déficits, les États-Unis devront continuer à emprunter davantage simplement pour financer un endettement devenu de plus en plus coûteux.

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