Le secrétaire américain à l’Armée devrait quitter ses fonctions d’ici à la fin de l’année, voire plus tôt. Son départ se dessine après plusieurs mois de relations difficiles avec le secrétaire à la Défense Pete Hegseth et pourrait laisser l’US Army sans dirigeant confirmé par le Sénat.
Un nouveau départ se prépare au sommet de l’appareil militaire américain. Dan Driscoll, secrétaire à l’Armée depuis dix-huit mois, envisage de quitter ses fonctions avant la fin de l’année, selon plusieurs personnes informées des discussions.
Son départ interviendrait après une longue période de tensions avec Pete Hegseth, secrétaire à la Défense de Donald Trump. Aucun calendrier définitif n’a encore été rendu public et les porte-parole du Pentagone comme ceux de Driscoll ont refusé de commenter.
Plusieurs signes indiquent toutefois que le responsable prépare sa sortie. Cet été, sa famille a quitté la résidence officielle réservée au secrétaire à l’Armée, située sur la base conjointe Myer-Henderson Hall, près du cimetière national d’Arlington, pour s’installer en Caroline du Nord. Driscoll a depuis emménagé dans un logement plus petit sur la base.
Une armée privée de dirigeants permanents
Le départ de Driscoll ouvrirait une nouvelle période d’incertitude à la tête de l’US Army.
En avril, Pete Hegseth avait limogé sans explication publique le général Randy George, chef d’état-major de l’Armée. Donald Trump n’a toujours pas désigné de successeur permanent.
Le général Christopher LaNeve, ancien principal conseiller militaire de Hegseth et actuel vice-chef d’état-major, assure depuis l’intérim.
Si Driscoll quittait à son tour ses fonctions sans qu’un successeur soit rapidement désigné, les deux principaux postes de direction de l’Armée seraient donc occupés sans responsables confirmés par le Sénat.
Des relations difficiles avec Hegseth
Proche de longue date du vice-président JD Vance, Dan Driscoll aurait rapidement suscité la méfiance de Pete Hegseth au début de l’administration Trump.
Les tensions seraient notamment apparues après que Driscoll eut proposé d’organiser une visite de Vance et de Trump auprès des soldats afin d’aborder directement la réforme de l’Armée.
Driscoll avait parallèlement noué une relation de travail étroite avec Randy George. Les deux hommes partageaient une volonté de moderniser rapidement les forces terrestres américaines, notamment par l’adoption de technologies commerciales susceptibles d’être déployées sur les champs de bataille.
Le limogeage de George en avril avait suscité des critiques parmi certains élus républicains. Interrogé au Congrès sur cette décision, Driscoll avait publiquement défendu son ancien partenaire, le qualifiant de dirigeant « incroyable et transformateur ».
L’expérience ukrainienne comme modèle
Ancien officier, Driscoll a cherché durant son mandat à tirer les enseignements de la guerre en Ukraine.
Avec Randy George et le général Chris Donahue, alors commandant de l’Armée américaine en Europe, il s’était rendu en Ukraine et avait rencontré le président Volodymyr Zelensky, notamment pour discuter des négociations de paix.
Driscoll souhaitait également que l’armée américaine s’inspire davantage de la capacité ukrainienne à intégrer rapidement des technologies issues du secteur privé dans les opérations militaires.
Sous sa direction, des entreprises privées se sont engagées à investir plus de 25 milliards de dollars dans des infrastructures installées sur des bases de l’Armée américaine, notamment des centres de données, des installations liées aux minerais critiques et des services de restauration.
Trump continue pourtant de l’encenser
Les tensions avec Pete Hegseth contrastent avec l’attitude affichée par Donald Trump à l’égard de Driscoll.
Lors d’une conférence consacrée à la défense en Pennsylvanie le mois dernier, le président américain lui avait adressé des compliments particulièrement appuyés.
Évoquant son apparence souriante, Trump l’avait décrit à plusieurs reprises comme un « tueur », utilisant le terme pour vanter sa détermination derrière une personnalité apparemment affable.
Cette proximité publique avec le président ne semble cependant pas avoir suffi à dissiper les difficultés au Pentagone.
Si son départ se confirme, Dan Driscoll quittera ainsi l’administration après dix-huit mois marqués par une tentative de modernisation accélérée de l’Armée, mais aussi par des désaccords persistants avec la direction du département de la Défense.












