Moscou a appelé ce mardi les ressortissants étrangers et les personnels diplomatiques à quitter la capitale ukrainienne « dès que possible », avertissant que de nouvelles frappes russes visant des « centres de décision » et des infrastructures militaires seraient prochainement menées contre Kiev.
Cette déclaration intervient après plusieurs jours d’intenses bombardements russes ayant notamment visé la capitale ukrainienne avec près de 600 drones et 90 missiles, dont un missile balistique hypersonique Orechnik utilisé pour la troisième fois depuis le début de la guerre.
Moscou prépare une nouvelle séquence de frappes
Dans un communiqué particulièrement inhabituel, le ministère russe des Affaires étrangères a explicitement recommandé aux ambassades étrangères de quitter Kiev.
« Nous avertissons les ressortissants étrangers, y compris le personnel des missions diplomatiques et des représentations d’organisations internationales, de la nécessité de quitter la ville dès que possible », a déclaré la diplomatie russe.
Moscou affirme vouloir viser prochainement des « centres de décision » ainsi que des entreprises du complexe militaro-industriel ukrainien.
Derrière cette formulation, plusieurs analystes estiment que la Russie cherche désormais à accentuer la pression directe sur les structures politiques et stratégiques ukrainiennes.
Washington relance la voie diplomatique
Cette montée des tensions intervient alors que le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio s’est entretenu ce mardi avec Sergueï Lavrov.
Selon Washington, les Etats-Unis restent prêts à jouer un rôle de médiateur entre Moscou et Kiev afin d’éviter une nouvelle escalade militaire.
Mais côté russe, le message transmis à Washington est surtout sécuritaire.
Lors de son échange avec Marco Rubio, Sergueï Lavrov aurait insisté pour que les Etats-Unis évacuent également leur ambassade de Kiev.
Autrement dit, Moscou semble vouloir signaler qu’une nouvelle phase de bombardements plus lourds pourrait désormais commencer contre la capitale ukrainienne.
Kiev refuse de céder à la pression russe
Les autorités ukrainiennes ont immédiatement dénoncé ce qu’elles considèrent comme une tentative d’intimidation.
Kiev a appelé la population à « ne pas céder au chantage russe », tandis que plusieurs chancelleries occidentales ont minimisé l’avertissement de Moscou.
La France a notamment annoncé maintenir son personnel diplomatique sur place.
« On a l’habitude des menaces de Poutine. Hors de question d’évacuer », a déclaré le ministère français des Affaires étrangères.
Mais malgré cette fermeté affichée, plusieurs capitales européennes suivent désormais avec inquiétude l’évolution de la situation sécuritaire autour de Kiev.
L’Orechnik devient un nouvel outil de pression russe
L’avertissement russe intervient dans un contexte de montée progressive des frappes stratégiques contre l’Ukraine.
Le missile hypersonique Orechnik, initialement utilisé comme arme de démonstration stratégique fin 2024, semble désormais intégré de manière plus régulière aux offensives russes.
Lors des dernières frappes contre Kiev, Moscou a combiné drones Shahed, missiles de croisière, missiles Iskander et missile Orechnik dans des opérations de saturation aérienne de grande ampleur.
Pour plusieurs analystes occidentaux, le Kremlin cherche désormais autant à épuiser les défenses ukrainiennes qu’à maintenir une pression psychologique constante sur la population et les alliés occidentaux de Kiev.
Une guerre qui entre dans une nouvelle phase
Depuis plusieurs semaines, le conflit semble progressivement franchir un nouveau seuil.
Les frappes ukrainiennes de drones contre le territoire russe se multiplient, tandis que Moscou répond désormais par des bombardements de plus en plus massifs contre les grandes villes ukrainiennes.
Dans ce contexte, l’appel russe à évacuer Kiev prend une dimension particulièrement lourde symboliquement.
Car même si Moscou n’annonce pas explicitement une offensive imminente contre la capitale, le message vise clairement à installer un climat de peur et d’incertitude autour de Kiev.
Et plus le Kremlin évoque publiquement la possibilité de nouvelles frappes stratégiques, plus la guerre glisse vers une logique d’escalade permanente entre la Russie et l’Occident.














