Alors que Washington et Téhéran tentent toujours d’arracher un accord diplomatique pour mettre fin à plusieurs mois de confrontation militaire, les tensions connaissent une nouvelle montée brutale. Mardi 27 mai, le Corps des Gardiens de la Révolution islamique a averti qu’il répondrait par une « riposte décisive » à toute nouvelle attaque américaine contre l’Iran.
Ces menaces interviennent moins de vingt-quatre heures après des frappes américaines menées dans le sud iranien contre des sites de lancement de missiles et plusieurs embarcations rapides des Gardiens de la Révolution dans le détroit d’Ormuz.
Selon le Commandement central américain, ces opérations relevaient de « frappes d’autodéfense » destinées à protéger les forces américaines présentes dans le golfe Persique et en mer d’Arabie.
Washington et Téhéran toujours engagés dans des discussions
Malgré cette nouvelle poussée de tensions, les discussions diplomatiques ne sont pas interrompues.
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a confirmé mardi que des négociations se poursuivaient au Qatar afin de tenter d’aboutir à un accord plus large sur la guerre, le détroit d’Ormuz et le programme nucléaire iranien.
« Le président veut parvenir à un accord, mais ce sera soit un bon accord, soit aucun accord », a déclaré Marco Rubio devant des journalistes.
Les négociations restent cependant extrêmement fragiles.
Donald Trump continue d’exiger que l’Iran abandonne ses capacités nucléaires militaires potentielles et accepte des garanties sur son stock d’uranium enrichi.
De son côté, Téhéran réclame notamment la fin des opérations militaires américaines et israéliennes ainsi qu’un allègement des sanctions.
L’Iran menace les bases américaines dans le Golfe
Dans un message publié à l’occasion du début du pèlerinage du hajj, le guide suprême iranien Mojtaba Khamenei a laissé entendre que les bases américaines dans la région pourraient de nouveau devenir des cibles.
« Les terres de la région ne serviront plus de boucliers aux bases américaines », a-t-il averti.
Selon des responsables américains, l’Iran aurait déjà lancé plusieurs drones d’attaque près d’une vingtaine de navires de guerre américains opérant autour du golfe d’Oman et de la mer d’Arabie.
Ces bâtiments participent notamment au blocus maritime imposé aux ports iraniens depuis le début du conflit.
Le détroit d’Ormuz reste au cœur de la crise
Depuis le début des affrontements entre les États-Unis, Israël et l’Iran fin février, Téhéran maintient une forte pression sur le détroit d’Ormuz, voie maritime stratégique par laquelle transite une part essentielle du pétrole mondial.
Les tensions ont provoqué une hausse des prix de l’énergie et ravivé les inquiétudes sur les marchés internationaux.
L’un des principaux objectifs des négociations actuelles reste précisément la réouverture sécurisée du détroit au trafic commercial.
Mais les frappes américaines de lundi risquent désormais de compliquer encore davantage les discussions.
Israël intensifie aussi sa campagne au Liban
Parallèlement, la situation se dégrade également sur le front libanais.
L’armée israélienne a multiplié mardi les frappes contre des positions du Hezbollah dans le sud et l’est du Liban après des tirs de drones et de roquettes du mouvement chiite contre les forces israéliennes.
Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a affirmé avoir ordonné à son armée de « renforcer les frappes » contre le Hezbollah.
Plus de cent sites auraient été visés selon l’armée israélienne.
Ces opérations risquent elles aussi de fragiliser les discussions régionales en cours avec l’Iran, Téhéran ayant lié tout accord durable à une désescalade également au Liban.
L’Iran commence à rouvrir partiellement internet
Au milieu de cette crise, les autorités iraniennes ont commencé à rétablir partiellement l’accès à internet après près de trois mois de coupure massive.
Selon l’organisation NetBlocks, il s’agissait de la plus longue coupure nationale d’internet de l’histoire moderne.
Le gouvernement iranien avait justifié ce blocage par des raisons de sécurité nationale après le début des frappes américano-israéliennes.
Mais cette coupure a fortement affecté l’économie iranienne déjà fragilisée par les sanctions et la guerre.
La reprise partielle des connexions est interprétée par certains observateurs comme un signe de volonté d’apaisement, même si les restrictions restent importantes sur plusieurs plateformes et services numériques.














