7 Mai 2026, jeu

Côte d’Ivoire : pourquoi le PPA-CI et le PDCI claquent la porte de la CEI à six mois de la présidentielle

Côte d’Ivoire pourquoi le PPA-CI et le PDCI claquent la porte de la CEI à six mois de la présidentielle

La tension monte autour du processus électoral ivoirien. À un peu plus de six mois de la présidentielle, le Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI) de Laurent Gbagbo et le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) de Tidjane Thiam ont décidé de suspendre leur participation à la Commission électorale indépendante (CEI), accusée de partialité.

Une décision qui relance les inquiétudes autour de l’organisation du scrutin du 25 octobre et de la confiance entre pouvoir et opposition.

Une contestation centrée sur la liste électorale

Au cœur des critiques figure la question de la liste électorale. Le PPA-CI et le PDCI dénoncent des irrégularités massives, évoquant la présence d’électeurs décédés, fictifs ou mal enregistrés.

Le parti de Laurent Gbagbo estime même que plusieurs millions de personnes ne devraient pas apparaître sur les listes actuelles. Ces accusations alimentent l’idée, au sein de l’opposition, d’un processus électoral faussé avant même l’ouverture de la campagne.

Pour les deux formations, la crédibilité du scrutin dépend désormais d’une révision plus profonde du dispositif électoral.

Une CEI accusée de servir le pouvoir

Dans son communiqué, Laurent Gbagbo accuse la Commission électorale de “violer ses propres textes” afin de défendre les intérêts du pouvoir.

L’ancien président estime également que certains leaders de l’opposition sont volontairement écartés de la course présidentielle.

Lui-même reste radié de la liste électorale depuis sa condamnation judiciaire en Côte d’Ivoire, malgré son retour au premier plan politique.

Face à ces accusations, la CEI continue de rejeter toute affiliation politique. Son président, Ibrahime Coulibaly-Kuibiert, affirme que l’institution applique uniquement les règles prévues par la Constitution et les lois ivoiriennes.

L’opposition réclame un dialogue politique

Au-delà de la CEI, les deux partis réclament surtout l’ouverture d’un dialogue politique impliquant le gouvernement, l’opposition et la société civile.

L’objectif affiché est de reconstruire un minimum de consensus avant l’élection présidentielle afin d’éviter une nouvelle crise politique autour des résultats ou des conditions du scrutin.

Cette demande rappelle les tensions récurrentes qui entourent les processus électoraux ivoiriens depuis plus de deux décennies.

Le PDCI prépare malgré tout sa bataille électorale

En parallèle, le PDCI poursuit ses préparatifs pour désigner officiellement son candidat à la présidentielle.

Tidjane Thiam apparaît comme l’unique candidat déclaré à la convention du parti, malgré plusieurs procédures judiciaires et des débats internes autour de sa légitimité.

Certaines figures du PDCI, comme Jean-Louis Billon, contestent toutefois le fonctionnement actuel du parti et demandent davantage de garanties sur la transparence interne.

Malgré ces tensions, la direction du PDCI assure vouloir aller jusqu’au bout du processus et maintenir sa dynamique politique après vingt-cinq ans loin du pouvoir.

Une présidentielle déjà sous haute tension

La suspension du PPA-CI et du PDCI au sein de la CEI confirme une montée des fractures politiques à l’approche du scrutin.

Entre contestation de la liste électorale, accusations de partialité et interrogations sur les candidatures de l’opposition, le climat autour de la présidentielle ivoirienne devient de plus en plus sensible.

Paul Lamier Grandes Lignes

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