Patrick Bruel a annulé la tournée de 35 concerts qu’il devait entamer le 2 octobre en France, en Belgique et en Suisse. Mis en examen dans plusieurs dossiers de violences sexuelles qu’il conteste, le chanteur estime que les conditions ne permettent plus de maintenir ses spectacles sans les transformer en prolongement de la controverse qui l’entoure.
Patrick Bruel ne remontera finalement pas sur scène cet automne. Le chanteur de 67 ans a annoncé le 1er septembre l’annulation de l’intégralité de la tournée qu’il préparait pour célébrer les 35 ans de son album Alors regarde.
Trente-cinq concerts étaient programmés à partir du 2 octobre, principalement en France, mais également à Bruxelles et Genève. Dans un communiqué publié sur Instagram, l’artiste explique avoir fait « le choix de l’apaisement », alors que sa situation judiciaire et les accusations dont il fait l’objet occupent depuis plusieurs mois une place croissante dans le débat public.
« Les conditions ne sont tout simplement plus réunies pour que ces concerts restent ce qu’ils auraient dû être : des moments de musique et de partage », écrit-il.
Une tournée devenue difficile à maintenir
L’annulation intervient après plusieurs semaines de pression autour des dates programmées. Des élus de différentes sensibilités politiques avaient exprimé leurs réserves, voire leur opposition à la tenue de certains concerts dans leur commune, tout en rappelant que la procédure judiciaire était toujours en cours.
Des organisations et militantes féministes envisageaient également des mobilisations autour de plusieurs représentations. Pour Patrick Bruel, la perspective que les salles de concert deviennent des lieux de confrontation a pesé dans sa décision.
Le chanteur affirme notamment vouloir protéger son public et les équipes travaillant sur la tournée. « Je refuse que le public et les équipes soient pris à partie, dans un débat qui n’a rien à faire dans une salle de concert », explique-t-il, ajoutant ne vouloir leur faire courir « le moindre risque ».
Cette tournée représentait pourtant un rendez-vous important dans son calendrier artistique. Elle devait accompagner l’anniversaire de l’un des albums les plus emblématiques de sa carrière.
Plusieurs activités déjà interrompues
L’annulation des concerts d’automne prolonge un retrait progressif de la scène engagé depuis plusieurs mois.
Patrick Bruel avait déjà renoncé à sa tournée estivale des festivals à la fin du mois de mai. Sa participation au spectacle des Enfoirés avait également été interrompue, après plus de trois décennies de présence régulière au sein de la troupe.
À Paris, les dernières représentations de la pièce Deuxième partie, dans laquelle il jouait depuis janvier, avaient par ailleurs été annulées après des manifestations organisées devant le théâtre.
L’affaire a ainsi progressivement dépassé le seul terrain judiciaire pour affecter directement la carrière publique de l’artiste.
Une mise en examen depuis juin
Sur le plan judiciaire, Patrick Bruel a été placé en garde à vue au début du mois de juin avant d’être mis en examen dans quatre dossiers portant notamment sur des faits présumés de viol, tentative de viol, agression sexuelle et harcèlement sexuel. Il a été placé sous le statut de témoin assisté pour d’autres faits.
Plusieurs juges d’instruction ont été chargés des investigations. D’autres plaintes ont également été déposées depuis sa mise en examen, notamment pour des faits présumés de viol, tentative de viol et agression sexuelle, certains concernant des plaignantes qui étaient mineures au moment des faits allégués.
L’existence de ces plaintes ne préjuge pas de leurs suites judiciaires. Les faits doivent être examinés individuellement et certains signalements plus anciens peuvent également soulever la question de la prescription.
Patrick Bruel conteste fermement les accusations portées contre lui. Il bénéficie de la présomption d’innocence.
« Je me défendrai »
L’artiste insiste d’ailleurs sur le fait que l’annulation de sa tournée ne constitue pas un renoncement à sa défense.
« Je me défendrai » et « je me battrai pour que mon innocence soit reconnue », affirme-t-il dans son communiqué.
Son discours comporte néanmoins une dimension plus introspective. Patrick Bruel explique que sa volonté de contester les accusations ne l’empêche pas de considérer avec attention les témoignages exprimés publiquement.
« Me défendre ne m’empêche pas de prendre au sérieux ce qui est dit », écrit-il, évoquant la nécessité de poursuivre « une réflexion personnelle, profonde ».
Une carrière désormais suspendue au calendrier judiciaire
Au moment de l’annonce de l’annulation, Patrick Bruel avait également obtenu un premier assouplissement de son contrôle judiciaire. L’interdiction de quitter le territoire français avait été levée et son passeport lui avait été restitué, une décision contestée par le parquet.
La cour d’appel de Versailles a depuis confirmé, le 16 septembre, cet allègement. Le chanteur peut donc se rendre à l’étranger, tout en restant soumis aux autres obligations de son contrôle judiciaire.
Cette décision ne concerne toutefois pas le fond des accusations. L’instruction se poursuit et aucune conclusion définitive n’a été rendue sur la responsabilité pénale de Patrick Bruel.














