6 Sep 2026, dim

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Ukraine : après Moscou, les émissaires de Trump tentent de relancer les négociations à Kiev

Ukraine après Moscou, les émissaires de Trump tentent de relancer les négociations à Kiev

ParGrandes Lignes

Steve Witkoff et Jared Kushner ont rencontré Volodymyr Zelensky à Kiev dimanche, au lendemain de plusieurs heures de discussions avec Vladimir Poutine à Moscou. Washington tente de remettre sur les rails un processus de paix interrompu depuis plusieurs mois, mais le sort du Donbass continue d’opposer profondément l’Ukraine et la Russie.

De Moscou à Kiev en moins de vingt-quatre heures. Les deux principaux émissaires de Donald Trump chargés du dossier ukrainien ont repris leur navette diplomatique dans l’espoir de remettre en mouvement des négociations qui restent profondément bloquées.

Steve Witkoff et Jared Kushner ont passé plus de quatre heures dimanche avec Volodymyr Zelensky et son équipe. Arrivés en train dans la capitale ukrainienne, ils ont d’abord rencontré la délégation ukrainienne dans le complexe de la cathédrale Sainte-Sophie avant de poursuivre les discussions au palais Mariinsky, résidence officielle du président.

À leur sortie, aucun accord majeur n’a été annoncé. Witkoff a néanmoins affirmé avoir un bon sentiment concernant les discussions menées successivement à Moscou et à Kiev. Kushner a évoqué de « nouvelles idées », sans en préciser la nature.

Washington ressort ses propositions de paix

Les Américains ne sont pas arrivés à Kiev avec un plan entièrement nouveau. Leur objectif consiste plutôt à reprendre les propositions élaborées lors des précédentes négociations et à les adapter à la nouvelle situation militaire et diplomatique.

Le processus avait été interrompu en février, au moment du déclenchement de la guerre entre les États-Unis et l’Iran. Washington cherche désormais à reprendre les discussions là où elles s’étaient arrêtées et à réduire progressivement les principaux désaccords entre Moscou et Kiev.

L’administration Trump espère notamment relancer des négociations trilatérales réunissant les États-Unis, la Russie et l’Ukraine. Jared Kushner a confirmé dimanche que Washington souhaitait revenir à ce format.

Mais plusieurs obstacles qui avaient paralysé les discussions précédentes demeurent intacts. Le plus important concerne toujours le territoire.

Le Donbass reste la ligne rouge

La Russie contrôle désormais environ les trois quarts du Donbass, mais continue de revendiquer l’ensemble de cette région de l’est de l’Ukraine. Malgré plusieurs années de guerre, l’armée russe n’est pas parvenue à conquérir la totalité des territoires revendiqués par Moscou.

Pour Volodymyr Zelensky, céder volontairement les zones encore contrôlées par l’Ukraine reste exclu. Le président ukrainien a confirmé que la question territoriale avait été abordée pendant les discussions de dimanche, tout en estimant qu’une décision de cette importance ne pouvait être prise qu’au plus haut niveau politique.

« La question du Donbass ne concerne pas seulement le Donbass », a-t-il déclaré après la rencontre. « C’est la question de toute la guerre. »

Cette divergence résume une grande partie de l’impasse actuelle. Vladimir Poutine continue d’exiger que tout accord reconnaisse les « réalités sur le terrain », tandis que Kiev refuse de transformer les conquêtes militaires russes en concessions territoriales ukrainiennes.

Moscou s’oppose également à l’instauration préalable d’un cessez-le-feu, réclamée depuis longtemps par l’Ukraine avant l’ouverture de véritables négociations de paix.

La rencontre avec Poutine n’a pas débloqué la situation

Avant de rejoindre Kiev, Witkoff et Kushner avaient passé plus de trois heures samedi à Moscou avec Vladimir Poutine. Le conseiller du président russe, Youri Ouchakov, a qualifié la rencontre d’« opportune et utile », sans dévoiler le contenu des propositions américaines.

Donald Trump présente cette nouvelle initiative comme une tentative de mettre fin à une guerre entrée dans sa cinquième année. Mais malgré la reprise des contacts directs, les positions russes et ukrainiennes restent suffisamment éloignées pour rendre improbable une conclusion rapide.

À Kiev, les attentes étaient d’ailleurs limitées avant même l’arrivée des deux émissaires. Certains responsables ukrainiens ont mal accueilli le choix de Witkoff et Kushner de se rendre d’abord à Moscou, craignant que Washington ne revienne avec des propositions largement inspirées des exigences russes.

Peu d’espoir d’une paix avant l’hiver

Les discussions de dimanche auraient également fait apparaître un constat plus pessimiste : une fin de la guerre avant l’hiver paraît désormais peu probable.

Les négociateurs se sont donc penchés sur les moyens permettant à l’Ukraine de traverser les prochains mois, alors que la Russie intensifie ses attaques contre les infrastructures énergétiques et stratégiques du pays.

Washington estime néanmoins que des avancées diplomatiques restent possibles avant l’arrivée de l’hiver. La priorité immédiate serait moins d’obtenir un accord global que de recréer un cadre de négociation suffisamment stable pour rapprocher progressivement les positions.

Kiev sous pression pendant les négociations

La mission américaine intervient alors que la capitale ukrainienne subit une nouvelle campagne de frappes russes. Depuis plusieurs jours, de petits drones à réaction pénètrent régulièrement dans l’espace aérien de Kiev, provoquant des alertes en pleine journée et perturbant fortement la vie des quelque 3,5 millions d’habitants de l’agglomération.

Vendredi, l’un de ces appareils a frappé le siège du service de sécurité ukrainien, situé à proximité du secteur où se sont déroulées une partie des discussions avec les représentants américains.

Zelensky a également accusé Moscou d’avoir visé les deux principaux aéroports civils de Kiev afin d’empêcher Witkoff et Kushner d’arriver par avion. Les deux hommes ont finalement rejoint la capitale ukrainienne en train.

Parallèlement, Russes et Ukrainiens ont intensifié leurs frappes à longue portée, visant aussi bien des infrastructures militaires et énergétiques que des objectifs en mer Noire. Cette escalade réduit encore les perspectives d’un cessez-le-feu rapide.

Trump tente de rouvrir une fenêtre diplomatique

La tournée de Witkoff et Kushner marque néanmoins le retour actif de Washington dans les négociations après plusieurs mois durant lesquels la guerre contre l’Iran avait relégué le dossier ukrainien au second plan.

L’objectif américain est désormais de recréer un dialogue à trois avec Moscou et Kiev. Mais le déplacement des deux émissaires montre surtout combien les positions restent difficiles à concilier.

Pour la Russie, un accord doit entériner les gains territoriaux obtenus depuis le début de l’invasion. Pour l’Ukraine, accepter cette logique reviendrait à abandonner des territoires que Moscou revendique sans être parvenu à les conquérir entièrement.

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