7 Mai 2026, jeu

RDC : sanctionné par Washington, Joseph Kabila dénonce une décision “politiquement motivée”

RDC sanctionné par Washington, Joseph Kabila dénonce une décision “politiquement motivée”

La confrontation politique autour de la guerre dans l’est de la République démocratique du Congo prend une nouvelle dimension internationale. Après avoir été sanctionné par les États-Unis pour son soutien présumé au M23, l’ancien président Joseph Kabila est sorti du silence pour dénoncer une décision “profondément injustifiée”.

Dans un communiqué transmis à l’AFP, l’ex-chef d’État congolais accuse Washington de reprendre “le narratif du pouvoir de Kinshasa” sans preuves irréfutables.

Une réponse qui confirme l’ampleur prise par le dossier Kabila dans la crise congolaise.

Washington durcit le ton contre l’ancien président

Jeudi, les États-Unis ont officiellement placé Joseph Kabila sur la liste noire de l’OFAC, l’organisme chargé des sanctions économiques internationales.

Washington accuse l’ancien président de contribuer à la déstabilisation de la RDC via un soutien politique et financier au M23 et à l’Alliance Fleuve Congo (AFC).

Ces sanctions impliquent un gel d’éventuels avoirs aux États-Unis ainsi qu’une interdiction de toute relation commerciale avec des entreprises ou citoyens américains.

Pour l’administration Trump, cette mesure s’inscrit dans une volonté affichée de soutenir les efforts de stabilisation dans la région des Grands Lacs.

Kabila rejette les accusations

Joseph Kabila affirme de son côté que les accusations américaines reposent sur des motivations politiques plutôt que sur des preuves concrètes.

Dans son communiqué, il assure vouloir poursuivre son combat contre ce qu’il qualifie de “dictature” en RDC “envers et contre toute forme de pression”.

L’ancien président estime également que les autorités congolaises n’ont jamais réussi à démontrer juridiquement son implication avec le M23.

Une ligne de défense déjà utilisée après sa condamnation par contumace à la peine de mort par la justice militaire congolaise en septembre dernier.

Kinshasa applaudit la décision américaine

Le pouvoir congolais a immédiatement salué les sanctions américaines, qualifiées d’“acte important en faveur de la lutte contre l’impunité”.

Pour Kinshasa, cette décision limite les capacités de soutien logistique et financier susceptibles d’alimenter le conflit dans l’est du pays.

Le gouvernement voit aussi dans cette mesure un prolongement des engagements pris dans le cadre des accords de Washington signés entre la RDC et le Rwanda sous médiation américaine.

Ces accords, fragiles, combinent enjeux sécuritaires et intérêts économiques autour des minerais stratégiques congolais.

Le conflit à l’est devient un affrontement géopolitique

Derrière le cas Kabila, c’est l’ensemble de la crise congolaise qui se transforme progressivement en dossier géopolitique majeur.

Les États-Unis cherchent à renforcer leur influence dans une région riche en minerais essentiels aux industries technologiques mondiales, tout en tentant de contenir l’instabilité sécuritaire provoquée par le M23.

Dans ce contexte, les sanctions ciblées deviennent un outil diplomatique autant qu’un instrument politique.

Kabila, toujours au centre du jeu congolais

Malgré son départ du pouvoir en 2019, Joseph Kabila reste une figure incontournable de l’équation congolaise.

Discret depuis plusieurs années, il conserve une influence réelle dans certains réseaux politiques, militaires et économiques.

Son apparition surprise à Goma l’an dernier, alors que la ville était sous contrôle du M23, avait déjà renforcé les soupçons autour de ses liens présumés avec la rébellion.

Paul Lamier Grandes Lignes

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