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Vingt mois après sa chute, Bachar al-Assad condamné à mort par la justice syrienne

Vingt mois après sa chute, Bachar al-Assad condamné à mort par la justice syrienne

ParGrandes LignesAFP

L’ancien président syrien Bachar al-Assad a été condamné à mort par contumace pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Son frère Maher a écopé de la même peine, tandis que leur cousin Atef Najib, figure de la répression à Daraa en 2011, a été condamné en sa présence devant le tribunal.

Pour la première fois depuis l’effondrement du régime Assad, la justice syrienne condamne à mort l’ancien maître de Damas et plusieurs membres de son premier cercle.

Le Quatrième Tribunal pénal de Damas a prononcé mardi 11 août la peine capitale contre Bachar al-Assad pour son rôle dans les violences commises pendant la guerre civile syrienne, un conflit qui a ravagé le pays pendant près de quatorze ans, faisant environ 500 000 morts et des millions de déplacés.

« Bachar al-Assad a utilisé les agences étatiques pour commettre des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité », a déclaré le juge Fakhareddine al-Aryan au cours d’une audience retransmise en direct par la télévision d’État.

L’ancien président n’était pas présent. Réfugié en Russie depuis sa chute en décembre 2024, il a été jugé et condamné par contumace.

Maher al-Assad également condamné à mort

Son frère cadet, Maher al-Assad, a reçu la même peine.

Ancien commandant de la 4e Division blindée de l’armée syrienne, considérée comme l’une des unités les plus puissantes de l’ancien régime, il était l’un des piliers de l’appareil sécuritaire construit autour de Bachar al-Assad.

La 4e Division a été accusée au cours du conflit d’exécutions, de tortures, d’extorsion et de gestion de centres de détention. Elle a également été associée à des réseaux de trafic de drogue.

Maher al-Assad a lui aussi quitté la Syrie pour la Russie après la chute du régime et bénéficie d’un asile politique.

Atef Najib, l’homme de Daraa, condamné en personne

Le troisième condamné est Atef Najib, cousin maternel de Bachar al-Assad. Contrairement aux deux frères, il était présent devant le tribunal.

Ancien brigadier-général, Atef Najib dirigeait en 2011 la branche de la Sécurité politique dans la province méridionale de Daraa.

Son nom reste étroitement associé aux événements considérés comme l’un des principaux déclencheurs du soulèvement syrien.

Cette année-là, plus d’une dizaine d’adolescents avaient été arrêtés après avoir inscrit des graffitis hostiles au gouvernement sur le mur d’une école. Ils avaient ensuite été torturés, provoquant une indignation considérable dans la population locale.

Les manifestations réclamant leur libération puis dénonçant la répression s’étaient propagées, avant de se transformer progressivement en un soulèvement national contre Bachar al-Assad.

La répression du mouvement et la militarisation du conflit avaient ensuite plongé la Syrie dans une guerre civile qui allait durer plus d’une décennie.

Les premières condamnations du premier cercle Assad

Les jugements prononcés à Damas revêtent une importance particulière pour les nouvelles autorités syriennes.

Il s’agit des premières condamnations visant directement Bachar al-Assad et des membres aussi importants de son entourage depuis la disparition du pouvoir familial qui avait dominé la Syrie pendant plus d’un demi-siècle.

Le régime s’était finalement effondré en décembre 2024 lorsque les forces de l’opposition conduites par Ahmed al-Sharaa avaient lancé une offensive éclair avant d’entrer dans Damas.

Bachar al-Assad avait alors quitté précipitamment le pays. Son frère Maher avait également trouvé refuge à l’étranger.

Bachar al-Assad toujours protégé par Moscou

La condamnation à mort de l’ancien président reste toutefois largement théorique tant que celui-ci demeure en Russie.

Moscou, allié militaire déterminant du régime Assad pendant la guerre, lui a accordé l’asile politique après sa fuite de Damas. Son frère Maher s’y trouve également.

L’exécution du jugement dépendrait donc de leur retour en Syrie ou d’une éventuelle extradition.

Au-delà de la peine prononcée, le procès ouvre surtout un nouveau chapitre pour la Syrie d’après-Assad : celui du jugement des responsables de l’ancien régime et de la manière dont les nouvelles autorités entendent traiter les crimes commis pendant quatorze années de guerre.

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