23 Juil 2026, jeu

Les États-Unis concluent un accord nucléaire stratégique avec l’Arabie saoudite

Les États-Unis concluent un accord nucléaire stratégique avec l’Arabie saoudite

Washington et Riyad franchissent une nouvelle étape dans leur coopération énergétique. Les deux pays ont signé un accord sur le nucléaire civil qui pourrait permettre à l’Arabie saoudite de développer, à terme, certaines capacités liées à la production de combustible nucléaire, sous contrôle américain.

L’administration Trump renforce son partenariat stratégique avec l’Arabie saoudite.

Le secrétaire américain à l’Énergie, Chris Wright, et son homologue saoudien, le prince Abdulaziz ben Salmane, ont signé un accord de coopération consacré au développement du nucléaire civil, accompagné d’un dispositif bilatéral portant sur les garanties de sécurité nucléaire et de non-prolifération.

Selon Washington, ce partenariat doit ouvrir la voie à une collaboration de long terme entre les deux pays dans le domaine de l’énergie nucléaire.

Un marché majeur pour l’industrie américaine

Au-delà de sa dimension diplomatique, l’accord représente un enjeu économique considérable pour les États-Unis.

L’administration Trump estime que ce partenariat pourrait générer plusieurs milliards de dollars de contrats pour l’industrie nucléaire américaine, notamment au profit de Westinghouse, l’un des principaux concepteurs de réacteurs nucléaires au monde.

Le texte doit encore être examiné par le Congrès américain, qui dispose de la possibilité de s’y opposer. Toutefois, compte tenu du rapport de forces politique, son adoption apparaît probable.

Riyad pourrait produire son propre combustible

L’un des aspects les plus sensibles de l’accord concerne la possibilité offerte à l’Arabie saoudite de développer, après des études conjointes avec les États-Unis, des capacités d’enrichissement de l’uranium ou de retraitement du plutonium sur son territoire.

Cette disposition marque une évolution importante par rapport à certains accords conclus auparavant par Washington avec d’autres partenaires de la région. En 2009, les Émirats arabes unis avaient, par exemple, accepté de renoncer à toute production nationale de combustible nucléaire.

Un dossier sensible depuis plusieurs années

Le royaume saoudien cherchait à conclure un tel partenariat avec Washington depuis plus de cinq ans.

Ce projet a longtemps suscité des réserves au sein des administrations américaines successives, plusieurs responsables redoutant que le développement de certaines technologies nucléaires puisse alimenter, à terme, une nouvelle course aux armements au Moyen-Orient.

L’accord signé s’inscrit dans le cadre des « accords 123 », prévus par la législation américaine sur l’énergie atomique, qui encadrent juridiquement les transferts de technologies et de matières nucléaires entre les États-Unis et leurs partenaires.

Un changement de stratégie de l’administration Trump

Sous la présidence de Joe Biden, la coopération nucléaire avec Riyad était intégrée à un projet diplomatique plus vaste visant à favoriser une normalisation des relations entre l’Arabie saoudite et Israël.

L’offensive du Hamas contre Israël, le 7 octobre 2023, a profondément bouleversé cette dynamique.

Donald Trump a choisi de dissocier les deux dossiers en poursuivant les négociations nucléaires sans conditionner leur aboutissement à une reconnaissance diplomatique d’Israël par Riyad.

Cette décision confirme la volonté de Washington de consolider son partenariat stratégique avec l’Arabie saoudite dans un contexte de fortes tensions régionales, notamment autour de l’Iran et de la sécurité énergétique au Moyen-Orient.

La rédaction vous conseille