Le sénateur républicain de Caroline du Sud est décédé samedi 11 juillet des suites d’une maladie soudaine. Ancien adversaire devenu proche conseiller de Donald Trump, il comptait parmi les défenseurs les plus déterminés d’Israël et de l’Ukraine au Congrès américain.
Le Parti républicain perd l’une de ses personnalités les plus influentes.
Lindsey Graham est mort samedi soir à l’âge de 71 ans, après une maladie décrite par son entourage comme brève et soudaine. Sa famille a demandé que son intimité soit respectée pendant cette période de deuil.
Donald Trump lui a rapidement rendu hommage, saluant un sénateur constamment engagé dans son travail et un « véritable patriote américain ».
Plus de trente ans au Congrès
Lindsey Graham avait été élu pour la première fois à la Chambre des représentants en 1994.
Après huit années passées à la chambre basse, il avait remporté en 2002 un siège au Sénat pour représenter la Caroline du Sud. Il avait ensuite été réélu à trois reprises, en 2008, 2014 et 2020.
Au cours de sa longue carrière parlementaire, il avait occupé plusieurs fonctions importantes, notamment à la tête de commissions influentes. Son expertise sur les questions militaires, judiciaires et budgétaires lui avait permis de peser durablement sur les débats à Washington.
D’adversaire virulent à fidèle allié de Trump
La relation entre Lindsey Graham et Donald Trump avait pourtant commencé dans l’hostilité.
Candidat malheureux à l’investiture républicaine de 2016, le sénateur avait multiplié les critiques contre l’homme d’affaires, qu’il jugeait alors indigne de représenter son parti.
Après l’élection de Donald Trump, les deux hommes s’étaient progressivement rapprochés. Lindsey Graham était devenu l’un de ses partenaires de golf, mais aussi un conseiller écouté sur les questions de défense et de politique étrangère.
Cette évolution avait parfois suscité l’incompréhension de ses anciens alliés, tant ses critiques initiales avaient été sévères. Graham assumait toutefois cette proximité, estimant qu’elle lui permettait d’influencer directement les décisions présidentielles.
Un républicain interventionniste
Lindsey Graham appartenait à l’aile la plus interventionniste du Parti républicain.
Partisan d’une présence américaine forte dans le monde, il défendait l’utilisation de la puissance militaire, le soutien aux alliés de Washington et l’adoption de sanctions sévères contre les adversaires des États-Unis.
Cette ligne le distinguait d’une partie du mouvement « America First », davantage favorable à un désengagement américain des conflits internationaux.
Il plaidait notamment pour une politique de grande fermeté à l’égard de l’Iran et comptait parmi les défenseurs les plus constants d’Israël au Sénat.
Un soutien décisif pour l’Ukraine
Depuis le début de l’invasion russe à grande échelle, Lindsey Graham était également devenu l’un des principaux soutiens américains de l’Ukraine.
Il s’était rendu à dix reprises dans le pays et défendait la poursuite des livraisons d’armes, malgré les réticences d’une partie des élus républicains.
À la veille de sa mort, il avait encore rencontré Volodymyr Zelensky. Le sénateur travaillait alors à un nouveau projet de sanctions visant la Russie et les pays continuant d’acheter massivement ses hydrocarbures.
Le président ukrainien s’est dit profondément attristé par sa disparition, saluant un responsable politique qui était resté aux côtés de l’Ukraine durant les moments les plus difficiles de la guerre.
Israël salue un défenseur fidèle
Les hommages sont également venus d’Israël, où Lindsey Graham était considéré comme l’un des alliés les plus solides du pays à Washington.
Les responsables israéliens ont salué son engagement constant en faveur du partenariat stratégique entre les deux nations, ainsi que son soutien pendant les périodes de guerre et de fortes tensions régionales.
En Caroline du Sud, le gouverneur de l’État a rendu hommage à un élu « irremplaçable », décrit comme un défenseur infatigable de son territoire et de son pays.
Une disparition qui rebat les cartes au Sénat
La mort de Lindsey Graham laisse vacant un siège important au Sénat et prive Donald Trump d’un allié capable de défendre ses choix auprès des élus républicains.
Elle affaiblit également les partisans d’une politique étrangère américaine interventionniste, au moment où le Parti républicain reste profondément divisé sur l’aide militaire à l’Ukraine et l’engagement des États-Unis à l’étranger.
Pendant plus de trois décennies, Lindsey Graham aura traversé les transformations de la droite américaine, passant du conservatisme traditionnel à l’ère Trump sans jamais abandonner sa conviction centrale : celle d’une Amérique forte, militairement engagée et déterminée à soutenir ses alliés.












