Six candidats sont officiellement en lice pour devenir le prochain secrétaire général des Nations unies. Dans un contexte de crises internationales et de remise en cause du multilatéralisme, la bataille diplomatique s’annonce particulièrement ouverte avant la désignation prévue à l’automne.
Les Nations unies s’apprêtent à tourner une page importante de leur histoire.
Après dix années passées à la tête de l’organisation, António Guterres quittera ses fonctions le 1ᵉʳ janvier 2027. Le processus de désignation de son successeur entre désormais dans sa phase officielle avec les premières auditions publiques des candidats devant l’Assemblée générale.
Six candidats en compétition
Ils sont six à briguer la direction de l’organisation internationale.
Quatre femmes figurent parmi les prétendants, une première qui pourrait mettre fin à plus de huit décennies de direction exclusivement masculine à la tête des Nations unies.
La majorité des candidats sont originaires d’Amérique latine, ouvrant la possibilité d’un retour de cette région à la direction de l’ONU pour la première fois depuis le mandat du Péruvien Javier Pérez de Cuéllar, achevé en 1991.
Donald Trump relance le débat
À quelques heures de l’ouverture officielle des auditions, Donald Trump a créé la surprise en évoquant le nom de Gianni Infantino, président de la FIFA, comme une personnalité qu’il verrait bien diriger les Nations unies.
Le président américain a salué sa capacité à rassembler et son influence internationale, sans toutefois laisser entendre qu’une véritable candidature était envisagée.
Cette déclaration a rapidement alimenté les discussions autour du rôle que Washington entend jouer dans la désignation du futur secrétaire général.
Un choix sous haute surveillance
La procédure de sélection se poursuivra durant les prochaines semaines au Conseil de sécurité.
Les quinze membres organiseront plusieurs scrutins informels afin d’évaluer les différents candidats avant un vote décisif attendu en septembre.
Les cinq membres permanents, les États-Unis, la Russie, la Chine, la France et le Royaume-Uni, disposeront, comme le prévoit la Charte des Nations unies, d’un droit de veto susceptible d’écarter un candidat.
La nomination devra ensuite être approuvée par l’Assemblée générale.
Des profils très différents
Parmi les personnalités les plus observées figure Rafael Grossi, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).
Son expérience dans les dossiers liés à la prolifération nucléaire, notamment en Iran et en Ukraine, lui vaut une solide réputation auprès de nombreuses capitales.
L’ancienne présidente chilienne Michelle Bachelet reste également une figure de premier plan grâce à son parcours à la tête du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme.
La Costaricienne Rebeca Grynspan, actuelle secrétaire générale de la CNUCED, met en avant son expérience économique et son engagement en faveur du développement, tandis que Maria Fernanda Espinosa, ancienne présidente de l’Assemblée générale de l’ONU, insiste sur la nécessité de réformer le fonctionnement de l’organisation.
Le Sénégalais Macky Sall et la diplomate du Guyana Carolyn Rodrigues-Birkett complètent la liste des candidats.
Une ONU confrontée à une crise de crédibilité
Le prochain secrétaire général prendra les commandes d’une organisation confrontée à de multiples défis.
Les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient, les divisions persistantes entre les grandes puissances, les blocages répétés du Conseil de sécurité et la réduction des financements internationaux ont fragilisé le rôle diplomatique des Nations unies.
Quel que soit le vainqueur, il devra restaurer la capacité de l’organisation à peser sur les grands équilibres internationaux, tout en composant avec des rapports de force géopolitiques plus tendus que jamais.
La décision finale devrait intervenir à l’automne, à l’issue des consultations du Conseil de sécurité, avant une prise de fonctions prévue le 1ᵉʳ janvier 2027.












