22 Août 2026, sam

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Trump annonce le « jour J économique » contre l’Iran

Trump annonce le « jour J économique » contre l’Iran

ParGrandes Lignes

À l’approche des six mois de guerre, Donald Trump annonce une nouvelle offensive destinée à isoler davantage l’économie iranienne. Le président américain menace désormais de lourdes représailles les pays, banques et entreprises qui continueraient à offrir des débouchés financiers ou commerciaux à Téhéran.

Donald Trump veut ouvrir un nouveau front contre l’Iran. Cette fois, l’offensive doit être économique.

Mercredi soir, le président américain a annoncé ce qu’il présente comme un « jour J économique », promettant de lancer contre Téhéran « l’opération économique la plus dévastatrice jamais entreprise contre un pays ».

Aucun dispositif précis n’a encore été dévoilé. L’Iran fait déjà l’objet d’un vaste arsenal de sanctions américaines et subit un blocus visant ses ports et ses échanges maritimes. Mais les déclarations de Trump suggèrent que Washington entend désormais s’attaquer plus directement aux circuits qui permettent encore à l’économie iranienne de fonctionner à l’étranger.

Cette nouvelle phase intervient alors que les États-Unis ne sont parvenus ni à obtenir la réouverture complète du détroit d’Ormuz ni à conclure un accord mettant fin à une guerre qui approche désormais de son sixième mois.

Washington menace désormais les partenaires de Téhéran

Le message de Trump vise autant l’Iran que les pays qui continuent à commercer avec lui.

Le président a averti que tout État permettant à ses institutions financières, entreprises, aéroports ou administrations d’apporter une « bouée de sauvetage » à Téhéran s’exposerait à son tour à des conséquences économiques considérables.

Il a directement cité plusieurs mécanismes que Washington entend combattre : contrebande de pétrole, transferts financiers, bureaux de change, registres maritimes et sociétés écrans.

« Tout cela doit cesser maintenant », a-t-il écrit sur Truth Social.

Une telle stratégie pourrait considérablement élargir la portée des sanctions américaines. Au lieu de cibler uniquement les entreprises iraniennes ou les intermédiaires directement associés au régime, Washington pourrait chercher à contraindre les acteurs étrangers à choisir entre leurs relations avec l’Iran et leur accès au marché américain.

La Chine serait particulièrement exposée. Pékin demeure le principal partenaire commercial de Téhéran et un débouché majeur pour son pétrole.

Les Émirats arabes unis ferment une porte à l’Iran

Un premier mouvement important est déjà intervenu dans le Golfe.

Les Émirats arabes unis ont annoncé mardi la suspension de leurs transactions financières et économiques avec l’Iran. La mesure pourrait fragiliser l’un des principaux circuits utilisés par les entreprises iraniennes pour importer des marchandises et accéder aux marchés financiers internationaux.

Pendant des années, les Émirats, et particulièrement Dubaï, ont constitué une interface commerciale essentielle entre l’Iran et le reste du monde.

Leur décision donne donc une première indication de la pression que Washington cherche à exercer sur les partenaires régionaux de Téhéran.

Donald Trump affirme disposer d’autres instruments.

Interrogé mercredi sur les possibilités restantes après des années de sanctions, il a assuré que les États-Unis avaient encore « de nouvelles choses » à cibler.

Le président prédit deux scénarios : soit cette pression produit les résultats recherchés et permet une forte baisse des cours du pétrole, soit Washington poursuit sa stratégie actuelle.

Téhéran dénonce un « terrorisme économique »

La réponse iranienne n’a pas tardé.

Le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi a présenté l’annonce américaine comme une tentative de détourner l’attention des difficultés économiques des États-Unis, citant notamment le niveau de la dette et la hausse des charges d’intérêts.

Selon lui, le renforcement des sanctions ne fera qu’accroître l’hostilité de la population iranienne envers Washington.

Il a également accusé les États-Unis de pratiquer un « terrorisme économique » susceptible de menacer l’économie mondiale et la souveraineté des autres États.

Cette confrontation était annoncée depuis plusieurs jours. Scott Bessent, secrétaire américain au Trésor, avait prévenu que Washington préparait des mesures d’une ampleur inédite dans sa campagne d’isolement économique de l’Iran.

L’administration n’a cependant toujours pas détaillé les instruments qu’elle compte employer.

La fenêtre diplomatique s’est refermée

Cette escalade intervient après l’expiration, lundi, du délai de 60 jours prévu par le protocole d’accord conclu en juin entre Washington et Téhéran.

Ce texte devait permettre aux deux camps de progresser vers un règlement plus durable du conflit. Deux mois plus tard, aucune percée n’a été annoncée et le détroit d’Ormuz n’a toujours pas retrouvé un fonctionnement normal.

L’enjeu est considérable : environ un cinquième des approvisionnements mondiaux en pétrole transitent habituellement par cette voie maritime.

Les signaux envoyés par Washington sur l’état des discussions restent par ailleurs contradictoires.

Jared Kushner, conseiller de Trump, a récemment affirmé que des contacts parallèles entre les deux pays étaient « positifs et actifs ». Téhéran nie l’existence de telles discussions, tandis que Trump a lui-même déclaré qu’aucune négociation formelle n’était actuellement engagée.

Le président américain reconnaît néanmoins que l’Iran souhaite parvenir à un compromis, mais affirme que les conditions proposées restent insuffisantes.

Le nucléaire reste le principal verrou

La Maison-Blanche continue d’exiger l’abandon du programme nucléaire iranien comme condition d’un cessez-le-feu permanent.

Téhéran refuse jusqu’à présent cette exigence.

L’administration Trump semble désormais parier sur l’épuisement économique pour modifier ce rapport de force. À Washington, certains responsables considèrent que les difficultés financières de l’Iran, combinées au blocus maritime et à un isolement international renforcé, pourraient finir par contraindre ses dirigeants à revenir à la table des négociations.

Mais le pouvoir iranien ne montre pour l’instant aucun signe public de capitulation.

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