6 Août 2026, jeu

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Cameroun : l’absence prolongée de Paul Biya ravive les tensions politiques

Cameroun l’absence prolongée de Paul Biya ravive les tensions politiques

Près de deux mois après son départ du Cameroun, le président Paul Biya n’est toujours pas réapparu publiquement. Son silence alimente les critiques de l’opposition, qui réclame des clarifications sur l’exercice du pouvoir, tandis que le gouvernement continue d’assurer qu’il reste aux commandes de l’État.

Le silence du pouvoir nourrit les interrogations.

Depuis son départ de Yaoundé le 7 juin pour un séjour privé en Europe, le président camerounais Paul Biya n’a plus effectué aucune apparition publique. À 93 ans, le chef de l’État, au pouvoir depuis 1982, enregistre ainsi la plus longue absence de son mandat.

Aucune image récente, aucun discours et aucun calendrier officiel de retour n’ont été communiqués par la présidence.

Une opposition de plus en plus critique

Face à cette situation, plusieurs responsables de l’opposition dénoncent un fonctionnement opaque des institutions.

Ils estiment que les Camerounais ont le droit d’être informés sur la capacité du chef de l’État à exercer pleinement ses fonctions et appellent le Conseil constitutionnel à examiner la question d’une éventuelle vacance du pouvoir.

Pour l’heure, cette institution ne s’est pas prononcée.

Le gouvernement, de son côté, affirme que Paul Biya demeure en fonction et assure qu’il reviendra prochainement au Cameroun, sans préciser la date de son retour.

Le vice-président toujours absent

Cette séquence met également en lumière une difficulté institutionnelle.

La révision constitutionnelle adoptée cette année a rétabli la fonction de vice-président de la République afin d’assurer la continuité de l’État.

Pourtant, plusieurs mois après son adoption, aucun responsable n’a encore été nommé à ce poste.

En l’absence de vice-président, les règles de succession restent celles prévues par les dispositions antérieures, selon lesquelles le président du Sénat assurerait l’intérim si une vacance du pouvoir était officiellement constatée.

Mais la Constitution ne fixe aucune durée maximale d’absence du chef de l’État à l’étranger pouvant déclencher automatiquement cette procédure.

Une activité gouvernementale réduite

Depuis le départ du président, les décisions rendues publiques concernent essentiellement les forces de défense et les questions militaires.

Les grands dossiers économiques, sociaux ou institutionnels semblent progresser au ralenti, alimentant les interrogations sur le fonctionnement quotidien de l’exécutif.

Cette situation intervient alors que le remaniement gouvernemental annoncé après la réélection de Paul Biya n’a toujours pas été mis en œuvre et que plusieurs échéances électorales ont déjà été reportées.

Une question politique devenue institutionnelle

Au-delà des rumeurs sur l’état de santé du président, le débat porte désormais sur la continuité de l’État.

L’absence prolongée du chef de l’État, combinée à l’absence de vice-président et au silence de la présidence, entretient un climat d’incertitude qui fragilise les institutions.

Tant qu’aucune décision du Conseil constitutionnel n’intervient, Paul Biya demeure légalement président de la République. Mais chaque semaine supplémentaire passée hors du pays renforce les interrogations sur la gouvernance du Cameroun et sur la capacité des institutions à gérer une telle situation.

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