17 Août 2026, lun

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Donald Trump menace Oman alors que la guerre avec l’Iran s’enlise

Donald Trump menace Oman alors que la guerre avec l’Iran s’enlise

ParGrandes Lignes

Donald Trump a durci le ton alors que les efforts diplomatiques pour contenir la guerre avec l’Iran s’enlisent. Le président américain a menacé Oman de représailles militaires si le sultanat faisait obstacle aux États-Unis, tout en affirmant ne s’imposer aucun calendrier pour mettre fin à un conflit qui dure depuis près de six mois.

Lors d’un entretien téléphonique avec Fox News, Donald Trump a estimé que le blocus naval imposé aux ports iraniens produisait les effets recherchés. Interrogé sur une possible sortie de guerre, il a assuré ne pas être pressé de parvenir à un règlement.

Le président a également adressé un avertissement particulièrement violent à Oman : « Si Oman se met en travers de notre chemin, nous le bombarderons à mort », a-t-il déclaré, sans préciser ce qui pourrait déclencher une telle riposte.

Mascate mène actuellement des discussions avec Téhéran sur la gestion du détroit d’Ormuz, sans participation directe des États-Unis.

Le détroit d’Ormuz au centre des négociations

L’Iran affirme avoir finalisé avec Oman une « carte maritime » destinée à organiser la circulation dans le détroit d’Ormuz. Téhéran prévient cependant que cet arrangement ne signifie pas nécessairement que cette voie maritime essentielle au commerce énergétique mondial sera prochainement rouverte.

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmail Baghaei, a confirmé lundi la poursuite de négociations intensives. Il a néanmoins évoqué des discussions difficiles en raison des questions de sécurité et de ce qu’il qualifie de comportement obstructionniste de certains acteurs.

Avant la guerre, environ un cinquième des flux mondiaux de pétrole et de gaz transitait par le détroit.

L’incertitude entourant sa réouverture continue d’alimenter les tensions sur les marchés. Le Brent a gagné plus de 7 % depuis le début de la semaine précédente et progressait encore lundi, atteignant jusqu’à 89,68 dollars le baril.

Une trêve qui n’a jamais véritablement tenu

Washington et Téhéran avaient signé en juin un protocole d’accord destiné à créer une période de soixante jours favorable à la négociation d’un règlement plus durable.

Cette période doit expirer lundi. Entre-temps, les violations de la trêve se sont multipliées et les deux camps ont laissé entendre que le texte ne correspondait plus à la réalité militaire.

Donald Trump assure néanmoins que des canaux parallèles de communication avec l’Iran restent ouverts.

Le protocole conclu en juin comportait quatorze points et prévoyait notamment une suspension des hostilités sur les différents fronts régionaux, y compris au Liban, ainsi que le rétablissement de la libre circulation dans le détroit d’Ormuz.

Ces objectifs paraissent désormais de plus en plus difficiles à atteindre.

Le front libanais se rallume

La situation s’est également détériorée au Liban.

L’armée israélienne a annoncé avoir tué Abu Hassan Alaa, présenté comme un haut commandant du Hezbollah, lors de frappes menées samedi dans le sud du pays. Onze personnes ont été tuées au cours de ces opérations.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a présenté ces frappes comme une réponse à une attaque du Hezbollah ayant grièvement blessé trois soldats israéliens.

Cette reprise des affrontements menace directement le cessez-le-feu négocié sous médiation américaine. Celui-ci prévoit notamment le désarmement du Hezbollah, un retrait progressif d’Israël des territoires occupés et un renforcement du contrôle de l’armée libanaise sur la sécurité du pays.

Dans le même temps, Israël a de nouveau frappé le Hamas dans la bande de Gaza, tandis que les Houthis du Yémen ont attaqué des navires en mer Rouge. Plusieurs bâtiments ont également été touchés par des projectiles dans le détroit d’Ormuz.

La multiplication de ces foyers de tension fragilise davantage les efforts diplomatiques visant à contenir la confrontation régionale.

Téhéran prépare la suite

Malgré les dommages infligés à ses infrastructures industrielles et la forte réduction de ses exportations pétrolières sous l’effet du blocus américain, l’Iran ne montre aucun signe d’abandon sur les deux principaux dossiers qui l’opposent à Washington : son programme nucléaire et le contrôle du détroit d’Ormuz.

Téhéran aurait au contraire profité de la relative accalmie militaire pour renforcer ses capacités.

Selon des responsables iraniens et arabes cités dans la presse américaine, les autorités ont placé plusieurs figures de la ligne dure à des postes stratégiques de l’appareil sécuritaire et accéléré la production de missiles et de drones.

Washington prépare parallèlement un nouveau volet de sanctions économiques. Le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, a annoncé que les États-Unis travaillaient à des mesures d’une ampleur encore jamais appliquée contre Téhéran.

Une guerre devenue politiquement coûteuse pour Trump

Après près de six mois de conflit, Donald Trump reste confronté à une difficulté majeure : trouver une issue acceptable sans donner l’impression d’avoir reculé face à l’Iran.

La guerre devient parallèlement plus impopulaire aux États-Unis et pourrait peser sur les républicains à l’approche des élections de mi-mandat de novembre.

La Maison-Blanche maintient donc plusieurs canaux diplomatiques ouverts.

Jared Kushner doit se rendre cette semaine au Moyen-Orient pour tenter de faire progresser le cessez-le-feu à Gaza. Il doit notamment participer à Jérusalem à des discussions avec Benjamin Netanyahu aux côtés de l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair et de Nickolay Mladenov.

Kushner a également rencontré dimanche en Égypte Khalil al-Hayya, l’un des principaux dirigeants du Hamas.

Le mouvement palestinien demande désormais aux médiateurs et au Conseil de paix mis en place sous l’impulsion des États-Unis de pousser Israël à accepter une feuille de route précisant les prochaines étapes de la trêve.

Entre Gaza, le Liban et le détroit d’Ormuz, Washington tente ainsi de maintenir plusieurs négociations simultanément. Mais les déclarations de Donald Trump et la reprise des affrontements montrent combien la perspective d’un règlement régional demeure éloignée.

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