Le président américain affirme qu’il rencontrera de nouveau le dirigeant nord-coréen avant 2027. Washington vient parallèlement d’écourter ses exercices militaires avec la Corée du Sud, une décision susceptible de favoriser une reprise du dialogue avec Pyongyang mais qui embarrasse Séoul.
Donald Trump veut rouvrir le canal direct avec Kim Jong-un. Interrogé mercredi 19 août sur la possibilité d’une rencontre avec le dirigeant nord-coréen avant la fin de l’année, le président américain n’a laissé planer aucun doute : « Oui, je le rencontrerai. »
Si elle se concrétise, cette entrevue serait la quatrième entre les deux dirigeants. Aucun lieu ni aucune date n’ont encore été annoncés, mais l’hypothèse d’une rencontre en novembre, en marge du sommet de l’APEC en Chine, circule déjà.
Donald Trump avait fait de sa relation personnelle avec Kim Jong-un l’un des axes les plus spectaculaires de sa diplomatie durant son premier mandat. Les deux hommes s’étaient rencontrés à Singapour en 2018, à Hanoï en 2019, puis dans la zone démilitarisée séparant les deux Corées quelques mois plus tard.
Washington réduit ses manœuvres avec Séoul
Cette perspective de retrouvailles intervient après un geste significatif de Washington envers Pyongyang.
À la demande de Donald Trump, les États-Unis et la Corée du Sud ont décidé d’écourter leurs exercices militaires conjoints Ulchi Freedom Shield, commencés lundi et initialement programmés jusqu’au 27 août.
Le président américain a justifié cette décision en estimant que ces manœuvres pouvaient être perçues comme particulièrement offensantes par la Corée du Nord.
Séoul a reconnu le caractère inhabituel de la décision. Le ministre sud-coréen des Affaires étrangères, Cho Hyun, a indiqué devant le Parlement que son gouvernement n’avait pas été préalablement informé de la volonté américaine de raccourcir les exercices.
La décision est d’autant plus sensible que l’alliance militaire avec Washington constitue un pilier de la défense sud-coréenne. Quelque 28 500 soldats américains sont stationnés en Corée du Sud.
Pyongyang reste froid
Du côté nord-coréen, les premiers signaux sont nettement moins enthousiastes.
Kim Yo-jong, sœur de Kim Jong-un et personnalité influente du régime, assure ne pas avoir connaissance d’une communication récente entre son frère et Donald Trump. Tout en reconnaissant que leurs relations personnelles restent « excellentes », elle a minimisé la portée de la réduction des exercices militaires américains.
Pyongyang ne semble donc pas, pour l’instant, vouloir présenter la décision de Washington comme une concession suffisante pour relancer officiellement les négociations.
La question nucléaire toujours au centre
Donald Trump a parallèlement avancé une estimation particulièrement précise de l’arsenal nucléaire nord-coréen, affirmant que Pyongyang disposerait de « 57 armes nucléaires ».
La Corée du Sud avance une estimation sensiblement supérieure. Son ministre de la Défense, Ahn Gyu-back, estime que le Nord pourrait posséder entre 80 et 120 armes nucléaires.
Ces divergences rappellent l’ampleur du dossier qui attendrait les deux dirigeants en cas de nouveau sommet. Malgré les rencontres historiques du premier mandat Trump, aucun accord durable n’avait permis d’aboutir à la dénucléarisation de la Corée du Nord.
Sept ans après leur dernière rencontre, Donald Trump semble néanmoins vouloir renouer avec la diplomatie personnelle qui avait marqué sa relation avec Kim Jong-un. Reste désormais à savoir si Pyongyang souhaite réellement retourner à la table des négociations.














