1 Août 2026, sam

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Ebola en RDC : 3 605 cas et 1 587 morts, l’épidémie échappe encore au contrôle

Ebola en RDC 3 605 cas et 1 587 morts, l’épidémie échappe encore au contrôle

La République démocratique du Congo affronte désormais la plus vaste épidémie d’Ebola jamais recensée sur son territoire par le nombre de contaminations. La progression du virus s’accélère dans l’est du pays, où les conflits, les déplacements de population et la faiblesse des services de santé compliquent la riposte.

L’épidémie d’Ebola continue de gagner du terrain en République démocratique du Congo.

Au 30 juillet, les autorités sanitaires avaient recensé 3 605 cas confirmés et 1 587 décès, soit un taux de létalité de 44 %. Avec un nombre de contaminations supérieur à celui de la flambée de 2018-2020, l’épisode actuel devient le plus important jamais enregistré dans le pays.

Il n’est toutefois pas encore le plus meurtrier. L’épidémie précédente avait provoqué près de 2 300 décès entre 2018 et 2020.

Une semaine record

La progression récente inquiète particulièrement les équipes sanitaires.

Au cours de la dernière semaine complète de surveillance, 567 nouvelles contaminations et 296 décès ont été signalés. Aucun bilan hebdomadaire aussi lourd n’avait encore été enregistré depuis le début de la flambée.

Le virus circule désormais de manière soutenue dans plusieurs zones sanitaires. Les chaînes de transmission restent difficiles à identifier et certains malades sont découverts tardivement, après avoir déjà été en contact avec leur entourage.

L’augmentation du nombre de décès montre également que de nombreux patients n’accèdent pas assez rapidement aux centres de traitement.

Cinq provinces désormais touchées

Déclarée officiellement le 15 mai, l’épidémie avait d’abord été repérée dans la zone sanitaire de Mongbwalu, en Ituri.

Elle s’est depuis propagée au Nord-Kivu, au Sud-Kivu, au Haut-Uélé et à la Tshopo. Plusieurs dizaines de zones sanitaires ont signalé au moins une contamination.

L’Ituri reste l’épicentre de la flambée. Cette province connaît depuis plusieurs années des violences armées, des déplacements massifs de population et de fortes difficultés d’accès aux soins.

La mobilité entre les villes, les sites miniers, les camps de déplacés et les pays voisins augmente le risque d’une extension plus large du virus.

Les conflits ralentissent la riposte

Les équipes médicales interviennent dans des territoires où l’autorité de l’État reste limitée.

Les affrontements compliquent le transport des malades, la recherche des personnes ayant été en contact avec eux et l’acheminement du matériel médical. Certaines structures sanitaires manquent encore d’équipements de protection, de personnel formé et de capacités d’isolement.

La méfiance envers les autorités et les intervenants humanitaires constitue un autre obstacle. Lorsque les familles dissimulent un malade ou refusent un enterrement sécurisé, le virus peut continuer à circuler au sein de la communauté.

La multiplication des déplacements empêche également de suivre correctement certains contacts pendant les vingt et un jours correspondant à la durée maximale d’incubation.

Un variant sans vaccin homologué

La flambée actuelle est provoquée par le virus Bundibugyo, une forme plus rare d’Ebola.

Les vaccins et les traitements déjà employés contre d’autres espèces du virus ne sont pas spécifiquement homologués contre celui-ci. La prise en charge repose donc principalement sur l’identification rapide des malades, leur isolement et des soins destinés à maintenir leurs fonctions vitales.

Une détection précoce peut considérablement améliorer les chances de survie. Mais dans les régions les plus isolées, de nombreux patients arrivent dans les centres de traitement à un stade avancé de la maladie.

Des traitements en cours d’évaluation

Plusieurs essais cliniques ont été lancés pendant l’épidémie.

Des chercheurs évaluent notamment un anticorps monoclonal et un antiviral déjà étudié contre d’autres infections. L’objectif est de déterminer s’ils peuvent réduire la mortalité chez les personnes atteintes par le variant Bundibugyo.

Un autre antiviral est testé comme traitement préventif auprès de personnes ayant été exposées au virus mais ne présentant pas encore de symptômes.

Ces recherches sont conduites parallèlement aux opérations d’urgence, afin d’éviter d’attendre la fin de l’épidémie pour disposer de premières données scientifiques.

Un premier vaccin administré à un volontaire

Un essai de phase préliminaire a également commencé au Royaume-Uni pour évaluer un vaccin conçu spécifiquement contre le virus Bundibugyo.

Un premier volontaire a reçu une dose en juillet. Cette étape doit d’abord permettre d’étudier la sécurité du produit et la réponse immunitaire qu’il provoque.

D’autres candidats sont en développement, mais leur mise à disposition à grande échelle dépendra des résultats des essais et des capacités de production.

Aucun vaccin ne peut donc encore être déployé immédiatement dans les régions touchées.

L’Ouganda reste sous surveillance

L’Ouganda voisin a enregistré vingt cas confirmés et deux décès liés à cette flambée.

Le dernier patient a quitté le centre de traitement après deux tests négatifs et aucun nouveau cas n’a été signalé depuis plusieurs semaines. Le pays est cependant toujours dans la période de surveillance obligatoire qui précède la déclaration officielle de fin d’épidémie.

Pendant quarante-deux jours, soit deux fois la durée maximale d’incubation du virus, les autorités doivent maintenir le suivi des contacts et s’assurer qu’aucune nouvelle chaîne de transmission n’est apparue.

Le risque d’une nouvelle importation demeure tant que l’épidémie continue de progresser en RDC.

Une riposte encore insuffisante

Les autorités congolaises ont renforcé les capacités de dépistage, ouvert de nouveaux centres de traitement et déployé des milliers d’agents communautaires.

Ces efforts n’ont pas encore permis de ralentir suffisamment la transmission.

Pour reprendre le contrôle, les équipes sanitaires doivent identifier plus rapidement les malades, suivre leurs contacts, sécuriser les enterrements et gagner la confiance des communautés.

La RDC dispose d’une longue expérience dans la lutte contre Ebola. Mais cette expertise se heurte aujourd’hui à une flambée particulièrement rapide, étendue sur plusieurs provinces et installée dans des régions profondément déstabilisées.

Plus de deux mois après sa déclaration, l’épidémie continue de progresser plus vite que la riposte.

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