Contesté par les principales confédérations du football mondial, Gianni Infantino a renoncé à son projet d’ouverture de la FIFA à des capitaux privés. Une marche arrière qui évite une crise institutionnelle majeure à quelques mois de l’élection présidentielle de l’organisation.
Gianni Infantino fait machine arrière.
Le président de la FIFA a annoncé l’abandon de son projet visant à ouvrir les activités commerciales de l’organisation à des investisseurs privés, reconnaissant que cette initiative avait profondément divisé les fédérations membres.
« Après avoir écouté les différentes positions, il est apparu que ce projet ne servait plus l’objectif d’unité », a indiqué le dirigeant dans un communiqué.
Une opposition massive
Présenté quelques jours plus tôt, le projet prévoyait la création d’une société chargée de gérer les activités commerciales et événementielles de la FIFA.
Cette nouvelle structure aurait pu accueillir des investisseurs privés minoritaires afin de mobiliser plusieurs milliards de dollars supplémentaires destinés au développement du football mondial.
Mais l’idée a rapidement suscité une levée de boucliers.
L’UEFA, suivie par plusieurs autres confédérations, dénonçait un risque de marchandisation du football et une remise en cause du modèle de gouvernance de la FIFA. Certaines fédérations avaient même évoqué un boycott des prochaines compétitions organisées par l’instance mondiale si le projet était maintenu.
Des inquiétudes sur l’indépendance de la FIFA
Les opposants estimaient qu’une ouverture aux capitaux privés risquait d’accroître l’influence d’intérêts financiers sur les décisions sportives.
Plusieurs responsables réclamaient davantage de transparence et de consultations avant toute réforme d’une telle ampleur.
Des interrogations sont également apparues autour de l’identité de certains investisseurs potentiels, alimentant les critiques sur d’éventuels conflits d’intérêts.
Les petites fédérations déçues
Si les grandes puissances du football se sont montrées très critiques, plusieurs fédérations issues de continents moins favorisés voyaient dans ce projet une opportunité d’obtenir davantage de ressources financières.
Le plan prévoyait une augmentation significative des aides versées aux 211 fédérations membres, avec une enveloppe exceptionnelle ainsi qu’un renforcement du programme de financement pour les années suivantes.
Pour de nombreuses fédérations africaines, asiatiques ou océaniennes, ces fonds auraient représenté un levier important pour développer les infrastructures et la formation.
Un revers politique pour Infantino
Cette marche arrière constitue un revers pour Gianni Infantino, qui souhaitait faire de ce projet l’une des grandes réformes de son mandat.
Elle intervient également dans un contexte délicat pour le président de la FIFA, récemment fragilisé par plusieurs critiques internes et par le départ de proches collaborateurs.
À quelques mois de l’élection présidentielle de la FIFA, prévue en 2027, le dirigeant a finalement privilégié l’unité de l’organisation plutôt qu’un projet devenu politiquement intenable.
L’abandon de cette réforme écarte, au moins pour l’instant, la perspective d’une ouverture du football mondial aux investisseurs privés et referme un débat qui avait profondément divisé les instances du sport.














