1 Août 2026, sam

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FIFA : comment Gianni Infantino a tenté de rallier les fédérations avec une promesse de 40 millions de dollars

FIFA comment Gianni Infantino a tenté de rallier les fédérations avec une promesse de 40 millions de dollars

Avant d’abandonner son projet sous la pression internationale, le président de la FIFA avait promis une enveloppe pouvant atteindre 40 millions de dollars à chaque fédération favorable à l’ouverture des activités commerciales de l’organisation aux investisseurs privés. Une offre perçue par ses opposants comme un moyen de forcer l’adhésion.

Gianni Infantino ne proposait pas seulement une transformation majeure du modèle économique de la FIFA. Pour convaincre les 211 fédérations membres, il avait également placé sur la table une somme difficile à ignorer.

Chaque association nationale favorable au projet aurait pu recevoir jusqu’à 40 millions de dollars, soit environ 35 millions d’euros, dans le cadre d’un programme mondial de financement estimé à 10 milliards de dollars.

À l’inverse, le rejet du plan aurait limité les fonds disponibles à 2,7 milliards de dollars, soit une diminution de près de 75 %.

Une société ouverte aux investisseurs privés

Le projet prévoyait la création de FIFA Forward Enterprise, une structure commerciale destinée à gérer les revenus générés par les principales compétitions internationales, dont la Coupe du monde.

La FIFA souhaitait vendre jusqu’à 20 % de cette société à des investisseurs privés, tout en affirmant qu’elle conserverait la majorité du capital et le contrôle des décisions sportives.

L’opération devait permettre de lever plus de 4 milliards de dollars et de faire passer les investissements consacrés au développement du football mondial à 10 milliards sur plusieurs années.

Pour les petites fédérations, souvent dépendantes des aides de la FIFA, la promesse représentait une manne exceptionnelle.

Une offre jugée difficile à refuser

Le mécanisme a immédiatement suscité des accusations de pression financière.

Les fédérations ne disposaient que de quelques semaines pour se prononcer, avec une échéance fixée au 19 septembre. Celles qui refusaient risquaient de recevoir des dotations bien inférieures à celles promises aux participantes.

Les adversaires du projet ont dénoncé une forme d’ultimatum : accepter l’entrée des investisseurs privés ou renoncer à plusieurs dizaines de millions de dollars.

Cette différence de traitement apparaissait d’autant plus problématique que certaines fédérations modestes dépendent presque entièrement des financements versés par l’organisation internationale.

La Coupe du monde au centre des inquiétudes

La FIFA assurait que les investisseurs ne contrôleraient ni les règles du jeu ni l’organisation sportive des compétitions.

Les opposants redoutaient néanmoins que l’entrée de capitaux privés augmente la pression commerciale autour de la Coupe du monde. Une société cherchant à maximiser ses revenus pourrait être tentée de multiplier les rencontres, d’agrandir encore les compétitions ou de modifier leur fréquence.

Pour plusieurs dirigeants européens, le projet revenait donc à céder une partie des revenus futurs du football mondial à des fonds privés dont l’objectif principal resterait la rentabilité.

Ils craignaient également que la FIFA, officiellement constituée comme une organisation à but non lucratif, ne conserve ce statut tout en transférant ses activités les plus lucratives à une société commerciale.

Des soupçons de conflit d’intérêts

La présence évoquée d’un fonds créé par Joshua Kushner parmi les investisseurs potentiels a renforcé la controverse.

Le financier américain est le frère de Jared Kushner, gendre et proche conseiller de Donald Trump. Gianni Infantino a régulièrement affiché sa proximité avec le président américain, particulièrement avant et pendant la Coupe du monde 2026.

Aucun accord définitif avec ce fonds n’avait été officiellement annoncé. Mais cette perspective a suffi à alimenter les interrogations sur l’indépendance du processus et sur la sélection des futurs partenaires privés.

La révolte des grandes fédérations

L’UEFA a été la première à organiser la résistance.

Les fédérations européennes ont dénoncé un projet préparé sans véritable consultation, présenté dans l’urgence et susceptible de modifier profondément la gouvernance du football mondial. Les instances anglaise et allemande ont notamment exprimé de sérieuses inquiétudes.

La Confédération d’Amérique du Nord, d’Amérique centrale et des Caraïbes a également rejeté le plan, tandis que plusieurs responsables asiatiques ont réclamé un consensus beaucoup plus large.

La réaction des confédérations africaines et océaniennes s’est révélée plus prudente. Pour leurs membres, l’augmentation des dotations pouvait financer des stades, des centres de formation et des compétitions locales qui manquent encore de ressources.

Un projet finalement abandonné

Face à la menace d’un boycott des compétitions de la FIFA et à l’ampleur de la contestation, Gianni Infantino a finalement renoncé à son projet samedi 1er août.

Le président de l’organisation a reconnu que sa proposition avait provoqué des divisions incompatibles avec l’objectif initialement affiché.

Cette marche arrière ne met toutefois pas fin au débat. Elle révèle l’écart grandissant entre les fédérations les plus riches, soucieuses de préserver leur influence, et les associations plus modestes, pour lesquelles les financements de la FIFA constituent une ressource vitale.

Elle fragilise également Gianni Infantino à quelques mois de l’élection présidentielle de l’organisation. En promettant des dizaines de millions de dollars aux fédérations favorables à son projet, le dirigeant voulait démontrer que l’ouverture au capital privé profiterait à tous. Il aura surtout renforcé l’accusation selon laquelle l’argent devient, à la FIFA, un instrument de pouvoir politique.

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