En accueillant le nouveau Premier ministre irakien à la Maison-Blanche, Donald Trump a affiché sa volonté de relancer le partenariat entre les États-Unis et l’Irak. Cette rencontre intervient alors que Washington accentue sa pression sur Bagdad afin de réduire durablement l’influence de l’Iran dans le pays.
L’Irak retrouve une place centrale dans la stratégie américaine au Moyen-Orient.
Reçu dans le Bureau ovale, le nouveau Premier ministre irakien, Ali al-Zaidi, a été chaleureusement accueilli par Donald Trump, qui a promis une coopération renforcée entre les deux pays.
« Nous aimons l’Irak », a déclaré le président américain avant leur entretien, affirmant vouloir ouvrir une nouvelle étape des relations bilatérales après plusieurs années qu’il juge marquées par un manque d’engagement.
Donald Trump a également mis en avant les perspectives économiques offertes par l’Irak, évoquant de futurs accords, notamment dans le secteur énergétique.
États-Unis et Irak
Washington veut réduire l’influence de l’Iran
Au-delà des déclarations de circonstance, cette rencontre s’inscrit dans une stratégie beaucoup plus large.
Depuis son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump a renforcé la pression sur les autorités irakiennes afin qu’elles limitent l’influence politique, militaire et économique exercée par Téhéran.
L’administration américaine demande notamment au gouvernement irakien d’accélérer le désarmement des milices proches de l’Iran, de réduire leur poids dans les institutions nationales et de renforcer les dispositifs de lutte contre les circuits financiers utilisés pour contourner les sanctions américaines.
Washington considère depuis longtemps que certains réseaux bancaires irakiens servent de relais aux intérêts économiques iraniens.
Un Premier ministre au profil atypique
La nomination d’Ali al-Zaidi a surpris une partie de la classe politique irakienne.
Issu du monde des affaires, il ne disposait jusque-là d’aucune expérience gouvernementale ou diplomatique de premier plan.
Chef d’entreprise influent, propriétaire d’une chaîne de télévision et d’un établissement bancaire, il s’est rapidement présenté comme un dirigeant favorable à un rapprochement avec les États-Unis afin d’attirer davantage d’investissements étrangers.
Depuis son arrivée au pouvoir, son gouvernement affirme avoir engagé plusieurs réformes destinées à lutter contre la corruption et à réduire l’influence des groupes armés soutenus par l’Iran.
Une volonté de rassurer Washington
Ali al-Zaidi espère convaincre l’administration Trump que le développement économique peut devenir l’un des principaux leviers de stabilisation du pays.
Bagdad souhaite conclure de nouveaux accords dans les domaines de l’énergie, des infrastructures et des investissements américains afin de diminuer progressivement sa dépendance économique vis-à-vis de Téhéran.
Cette stratégie intervient alors que les relations entre Washington et l’Iran demeurent particulièrement tendues.
Une équation politique toujours fragile
Malgré ces signaux envoyés aux États-Unis, le Premier ministre irakien reste confronté à une réalité politique complexe.
Quelques jours avant son déplacement à Washington, il participait aux cérémonies organisées en Irak à la mémoire du guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, illustrant les liens historiques, religieux et politiques qui unissent encore une partie de la société irakienne à son voisin iranien.
Par ailleurs, plusieurs milices ayant annoncé leur intention de se désarmer n’ont, à ce stade, pas encore engagé ce processus, tandis que plusieurs personnalités soupçonnées d’entretenir des liens étroits avec Téhéran ont échappé aux récentes opérations judiciaires lancées dans le cadre de la campagne anticorruption.
Un partenaire sous surveillance
Pour Washington, cette première rencontre avec Ali al-Zaidi constitue un test.
L’administration Trump observe désormais si les engagements pris par le nouveau gouvernement irakien se traduiront par des mesures concrètes capables de réduire l’influence iranienne sur les plans sécuritaire, politique et financier.
Entre sa volonté de renforcer son partenariat avec les États-Unis et la nécessité de préserver un équilibre avec son puissant voisin iranien, Bagdad entame une nouvelle séquence diplomatique dont l’issue pourrait redéfinir les rapports de force au Moyen-Orient.











