L’ancienne dirigeante de RT France et chroniqueuse des médias du groupe Canal+ ne reviendra pas en France tant que la justice n’aura pas suspendu ou annulé son arrêté d’expulsion. Son premier recours en urgence a déjà été rejeté.
Xenia Fedorova n’est plus sur le territoire français.
L’ancienne présidente de RT France, devenue chroniqueuse sur plusieurs médias du groupe Canal+, a quitté la France après avoir fait l’objet d’un arrêté d’expulsion et du gel de ses avoirs. Son avocat a indiqué qu’elle se trouvait déjà à l’étranger lorsque ces mesures lui ont été notifiées et qu’elle n’envisageait pas de revenir tant que la justice n’aurait pas suspendu ou annulé cette décision.
Un premier recours rejeté
Lundi, le tribunal administratif de Paris a rejeté la demande déposée en référé-liberté par la journaliste russe.
Les juges ont estimé qu’elle ne démontrait pas l’existence d’une situation d’extrême urgence justifiant une décision dans un délai de quarante-huit heures.
Selon le tribunal, Xenia Fedorova n’a pas apporté d’éléments suffisamment précis pour démontrer que les mesures prises contre elle avaient des conséquences personnelles immédiates et particulièrement graves.
Les magistrats relèvent également qu’elle n’avait sollicité aucune autorisation particulière liée à son assignation à résidence et qu’elle s’était contentée d’évoquer une simple gêne liée à son obligation de pointage.
Cette première décision ne met toutefois pas fin à la procédure. D’autres recours restent possibles sur le fond.
Pourquoi la France a décidé son expulsion
Le gouvernement français accuse Xenia Fedorova d’avoir relayé, de manière répétée, les campagnes de désinformation du Kremlin.
Selon les autorités, ses interventions publiques reprenaient régulièrement les positions officielles de Moscou sur la guerre en Ukraine et participaient à une stratégie d’influence susceptible de porter atteinte à l’ordre public.
Le ministère de l’Intérieur affirme que cette mesure ne vise pas la liberté d’expression mais des activités considérées comme relevant de la propagande d’un État étranger.
Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a également estimé que la journaliste agissait comme une « agente d’influence » au service des intérêts russes.
Une figure déjà controversée
Avant la fermeture de RT France dans l’Union européenne en 2022, Xenia Fedorova dirigeait la branche française de la chaîne publique russe.
Depuis, elle était devenue une intervenante régulière sur plusieurs émissions de télévision et de radio françaises, où elle défendait fréquemment les positions du Kremlin concernant la guerre en Ukraine.
Plusieurs élus européens réclamaient depuis plusieurs mois des sanctions à son encontre, estimant qu’elle diffusait des récits favorables aux intérêts russes.
Une défense fondée sur la liberté d’expression
Xenia Fedorova rejette ces accusations.
Sur les réseaux sociaux, elle affirme avoir toujours respecté les lois françaises depuis son installation dans le pays et considère que cette procédure constitue une atteinte à la liberté d’expression.
Ses employeurs ont également dénoncé une décision qu’ils jugent préoccupante pour le pluralisme du débat public.
Un dossier désormais entre les mains de la justice
Même si elle a quitté la France, la procédure judiciaire se poursuit.
La justice administrative devra désormais examiner le fond du dossier afin de déterminer si l’arrêté d’expulsion et le gel de ses avoirs sont juridiquement fondés.
En attendant cette décision, Xenia Fedorova affirme qu’elle restera hors de France et ne reviendra que si les mesures prises contre elle sont suspendues ou définitivement annulées.













