31 Juil 2026, ven

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Visée par une expulsion, Xenia Fedorova voit ses avoirs gelés en France

Visée par une expulsion, Xenia Fedorova voit ses avoirs gelés en France

En France

Deux jours après avoir reçu un arrêté ministériel d’expulsion, l’ancienne dirigeante de RT France fait désormais l’objet d’un gel de ses avoirs pour une durée de six mois. Les autorités françaises l’accusent de participer à des campagnes d’influence russes, ce qu’elle conteste en dénonçant une décision politique dirigée contre sa liberté d’expression.

La pression administrative s’accentue autour de Xenia Fedorova.

À compter de ce vendredi 31 juillet, les fonds et les ressources économiques de l’ancienne présidente de RT France sont gelés en France pour une période de six mois. Cette mesure peut être renouvelée par un nouvel arrêté.

Elle complète la procédure d’expulsion engagée deux jours plus tôt par le ministère de l’Intérieur. Assignée à résidence, la chroniqueuse russe doit également se présenter quotidiennement au commissariat dans l’attente de l’examen de son recours.

Une mesure fondée sur la lutte contre les ingérences

Le gel de ses avoirs s’inscrit dans le dispositif français adopté en juillet 2024 pour prévenir les actes d’ingérence étrangère.

La décision interdit notamment la mise à disposition ou l’utilisation de fonds et de ressources économiques au bénéfice de Xenia Fedorova. Elle concerne également les sociétés, organisations ou autres structures qu’elle contrôlerait directement ou indirectement, ainsi que les personnes agissant sciemment pour son compte.

Pour les autorités françaises, cette mesure financière doit renforcer l’efficacité de l’arrêté d’expulsion et empêcher la poursuite d’activités considérées comme contraires aux intérêts fondamentaux de l’État.

Accusée de relayer les discours du Kremlin

Le ministère de l’Intérieur reproche à l’ancienne patronne de RT France de diffuser des récits correspondant aux campagnes de désinformation attribuées aux autorités russes.

Selon l’arrêté d’expulsion, ses interventions contribueraient à manipuler l’opinion publique, à fragiliser la confiance des citoyens dans les institutions françaises et européennes et à déstabiliser l’ordre public.

Après la fermeture de RT France, Xenia Fedorova avait poursuivi ses activités dans plusieurs médias français. Elle intervient notamment sur CNews et Europe 1 et écrit dans le JDNews, des titres appartenant aux groupes Canal+ et Lagardère.

Xenia Fedorova dénonce une « censure »

La chroniqueuse rejette fermement les accusations portées contre elle.

Elle affirme vivre en France depuis près de dix ans dans le respect de la loi, payer ses impôts et exercer son droit d’exprimer une opinion dans le cadre de son travail.

Xenia Fedorova présente les décisions prises contre elle comme une « pression politique » et une volonté de censurer les opinions qui ne correspondraient pas à la position officielle des autorités françaises.

Elle a annoncé son intention de contester son expulsion devant la justice.

Son avocat dénonce un « acharnement »

Son conseil, Emmanuel Piwnica, qualifie le gel des avoirs de mesure « manifestement illégale ». Il estime qu’elle ne serait pas davantage justifiée que l’arrêté d’expulsion et dénonce un acharnement contre sa cliente.

Canal+ et Lagardère ont également apporté leur soutien à leur chroniqueuse, considérant que la procédure constitue une atteinte grave à la liberté d’expression.

Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, rejette cette interprétation. Il affirme que la décision ne vise pas une opinion en tant que telle, mais des activités que l’État considère comme participant à une opération étrangère de désinformation et de déstabilisation.

L’affaire devrait désormais se déplacer sur le terrain judiciaire. Les tribunaux devront déterminer si les éléments présentés par l’administration suffisent à justifier l’expulsion, l’assignation à résidence et le gel temporaire des avoirs de Xenia Fedorova.

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