1 Août 2026, sam

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Lindsey Graham, l’homme qui reliait Washington aux guerres d’Ukraine, de Gaza et d’Iran

Lindsey Graham, l’homme qui reliait Washington aux guerres d’Ukraine, de Gaza et d’Iran

Donald Trump, Volodymyr Zelensky et Benyamin Nétanyahou se sont retrouvés à Washington pour rendre hommage à Lindsey Graham. La cérémonie a révélé l’influence considérable de cet élu républicain, partisan assumé des interventions militaires américaines et soutien indéfectible d’Israël comme de l’Ukraine.

Sous les voûtes de la Cathédrale nationale de Washington, trois dirigeants engagés dans des conflits majeurs se sont retrouvés à quelques rangs de distance.

Donald Trump, Volodymyr Zelensky et Benyamin Nétanyahou assistaient aux obsèques de Lindsey Graham, sénateur républicain de Caroline du Sud pendant plus de trente ans, mort le 11 juillet à l’âge de 71 ans.

Leur présence dépassait largement le cadre protocolaire. Elle témoignait du rôle joué par cet élu dans les orientations internationales des États-Unis, de l’Ukraine à Israël, jusqu’à la confrontation avec l’Iran.

Un partisan résolu de la puissance américaine

Lindsey Graham appartenait à une génération de responsables républicains convaincus que les États-Unis devaient demeurer directement engagés dans les affaires du monde.

À rebours de l’isolationnisme défendu par une partie du mouvement « America First », il plaidait pour une diplomatie appuyée par la force militaire, le soutien aux alliés et une pression constante sur les adversaires de Washington.

Donald Trump l’a décrit comme un « géant du Sénat », tout en rappelant avec son ton habituel le goût prononcé de son ancien allié pour les interventions militaires.

« Il n’a jamais rencontré une guerre qu’il n’aimait pas », a ironisé le président américain pendant son hommage.

D’adversaire politique à conseiller de confiance

La relation entre les deux hommes avait pourtant commencé dans la confrontation.

Lors de la campagne républicaine de 2016, Lindsey Graham avait qualifié Donald Trump d’inapte à exercer la présidence. Trump avait répliqué en dévoilant publiquement le numéro personnel du sénateur lors d’un rassemblement.

Après l’élection, Graham avait toutefois réussi à se rapprocher du nouveau président. Il était devenu l’un de ses partenaires de golf et, surtout, un conseiller écouté sur les questions militaires et diplomatiques.

Cette proximité lui permettait de défendre auprès de Trump des positions parfois éloignées de la prudence interventionniste affichée par la Maison-Blanche.

L’un des artisans de la guerre contre l’Iran

Lindsey Graham militait depuis plusieurs années en faveur d’une opération militaire contre l’Iran.

Des images récemment rendues publiques le montrent célébrant le déclenchement des hostilités et présentant cette décision comme l’une des plus importantes prises par Donald Trump.

Le sénateur estimait que seule une pression militaire directe pouvait empêcher Téhéran de développer ses capacités nucléaires et réduire son influence régionale.

Cette ligne lui avait valu une hostilité profonde de la part des autorités iraniennes, qui l’avaient décrit comme une personnalité particulièrement hostile à leur pays.

Un allié essentiel pour Israël

Lindsey Graham comptait également parmi les défenseurs les plus constants d’Israël au Congrès.

Il soutenait l’aide militaire américaine, défendait les opérations israéliennes à Gaza et plaidait pour une coopération stratégique renforcée entre Washington et Tel-Aviv.

La présence de Benyamin Nétanyahou à la cérémonie illustrait la place particulière occupée par le sénateur dans les relations entre les deux pays.

Quelques heures avant les obsèques, le Premier ministre israélien s’était entretenu avec Donald Trump afin d’évoquer la guerre contre l’Iran et le programme nucléaire de Téhéran.

Trump cherche à contenir l’escalade iranienne

Malgré l’unité affichée, des divergences subsistent entre Washington et Tel-Aviv sur la poursuite du conflit.

Benyamin Nétanyahou souhaite maintenir une pression maximale contre les installations nucléaires iraniennes. Donald Trump semble désormais chercher à réduire l’engagement direct des forces américaines et à éviter une nouvelle extension de la guerre.

Le président américain s’est notamment irrité des informations transmises par Israël sur un possible site nucléaire souterrain iranien. Il soupçonne le dirigeant israélien de vouloir pousser les États-Unis à rester pleinement impliqués dans les opérations.

« Bibi veut que je reste engagé », a-t-il résumé.

Le plus fidèle soutien de l’Ukraine au Congrès

Lindsey Graham avait aussi fait de l’Ukraine l’une de ses principales priorités.

Il s’était rendu à dix reprises dans le pays depuis le début de la guerre et plaidait constamment pour une augmentation des livraisons d’armes américaines.

Quelques heures avant sa mort, il travaillait encore à l’adoption d’un nouveau train de sanctions contre la Russie. Le texte viserait Vladimir Poutine, plusieurs institutions financières russes ainsi que les principaux acheteurs d’hydrocarbures du pays.

Sa disparition prive Kyiv d’un relais particulièrement influent au sein du Parti républicain, capable de défendre l’aide à l’Ukraine face aux élus favorables à un désengagement américain.

Un rapprochement entre Trump et Zelensky

La venue de Volodymyr Zelensky à Washington a également confirmé l’amélioration progressive de ses relations avec Donald Trump.

Avant la cérémonie, les deux présidents se sont entretenus à huis clos dans le Bureau ovale. Leur rencontre a porté sur la coopération militaire, les efforts diplomatiques et les moyens de renforcer la défense aérienne ukrainienne.

Washington a notamment autorisé l’Ukraine à produire certains éléments liés aux systèmes Patriot, indispensables pour intercepter les missiles russes.

Zelensky a également rencontré les responsables d’un grand groupe américain de défense afin de discuter des besoins militaires de son pays.

Ces échanges contrastent avec les tensions qui avaient marqué les premiers mois du retour de Donald Trump à la Maison-Blanche.

L’Iran, la Russie et l’Ukraine désormais liés

Les conflits auxquels Lindsey Graham consacrait une grande partie de son action politique sont devenus de plus en plus interdépendants.

La Russie utilise des équipements et des drones fournis par l’Iran dans sa guerre contre l’Ukraine. Kyiv affirme désormais frapper des navires et des infrastructures participant à ces échanges militaires.

Une récente attaque ukrainienne contre un bâtiment iranien en mer Caspienne a ainsi rapproché davantage encore les fronts ukrainien et moyen-oriental.

Cette convergence donne une dimension particulière aux obsèques de Washington : les dirigeants présents représentaient plusieurs des principales lignes de fracture qui structurent aujourd’hui la politique étrangère américaine.

La disparition d’un faucon influent

Avec Lindsey Graham disparaît l’un des derniers grands défenseurs républicains d’une Amérique interventionniste.

Il croyait à la force militaire, aux sanctions, aux alliances et à une présence américaine durable sur plusieurs fronts. Ses adversaires dénonçaient un goût excessif pour l’escalade. Ses alliés voyaient en lui un responsable capable de maintenir les États-Unis engagés auprès de leurs partenaires.

À Washington, l’hommage qui lui a été rendu a montré que son influence dépassait largement les frontières de la Caroline du Sud.

Israël perd un défenseur, l’Ukraine un allié et Donald Trump un conseiller qui, jusqu’au bout, l’aura poussé à exercer la puissance américaine sans retenue.

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