15 Août 2026, sam

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Mali-Algérie : les ambassadeurs de retour après quinze mois de tensions

Mali-Algérie les ambassadeurs de retour après quinze mois de tensions

ParGrandes LignesAFP

Bamako et Alger amorcent une détente après plus d’un an de crise diplomatique. Les deux voisins ont annoncé le retour de leurs ambassadeurs et la réouverture de leurs espaces aériens, fermés depuis leur confrontation autour d’un drone militaire malien en avril 2025.

Après quinze mois de brouille, le Mali et l’Algérie renouent progressivement leurs relations diplomatiques. Vendredi, les deux gouvernements ont annoncé presque simultanément une série de mesures destinées à normaliser leurs rapports.

Bamako autorise de nouveau les aéronefs civils et militaires en provenance ou à destination de l’Algérie à utiliser son espace aérien. Alger a pris une décision équivalente, applicable dès vendredi et concernant également les liaisons internationales transitant entre les deux pays.

Surtout, les ambassadeurs vont retrouver leurs postes respectifs.

Le Mali a confirmé le retour prochain de son représentant diplomatique à Alger, rappelé en avril 2025. De son côté, l’Algérie a annoncé que Kamel Retieb reprendrait ses fonctions d’ambassadeur à Bamako.

Le drone qui avait précipité la rupture

La crise avait atteint son point culminant au printemps 2025 lorsqu’un drone militaire malien avait été abattu à proximité de la frontière algérienne.

Alger affirmait que l’appareil avait pénétré dans son espace aérien. Bamako contestait cette version et soutenait que le drone se trouvait toujours en territoire malien.

L’incident avait rapidement dépassé le cadre militaire. Les ambassadeurs avaient été rappelés et les espaces aériens fermés, tandis que les accusations s’étaient multipliées entre l’Algérie et les membres de l’Alliance des États du Sahel, qui réunit le Mali, le Burkina Faso et le Niger.

La reprise annoncée vendredi marque donc un changement significatif après plus d’un an de confrontation.

Une relation déjà dégradée avant la crise

Les difficultés entre Alger et Bamako sont cependant antérieures à l’incident du drone.

L’Algérie avait longtemps occupé une place centrale dans le dossier sécuritaire malien. Elle avait notamment joué un rôle majeur dans les négociations ayant conduit à l’accord de paix signé en 2015 entre le gouvernement malien et plusieurs groupes armés du nord.

L’arrivée au pouvoir des militaires au Mali, après les coups d’État de 2020 et 2021, a progressivement modifié cet équilibre.

Les nouvelles autorités maliennes ont régulièrement reproché à Alger de s’immiscer dans leurs affaires intérieures. Dans le même temps, Bamako a profondément réorienté ses partenariats diplomatiques et militaires.

Le Sahara occidental, autre sujet de désaccord

Une autre divergence est venue compliquer les relations bilatérales.

En avril, le Mali a apporté son soutien au plan marocain d’autonomie pour le Sahara occidental. Cette position le rapproche de Rabat sur un dossier particulièrement sensible pour Alger.

L’Algérie soutient le Front Polisario et défend le principe d’autodétermination du territoire, faisant de la question du Sahara occidental l’un des principaux axes de sa politique étrangère.

Le rapprochement annoncé vendredi ne fait donc pas disparaître les désaccords entre les deux capitales.

Des intérêts communs difficiles à contourner

Malgré leurs différends, Maliens et Algériens partagent une longue frontière et font face à des enjeux sécuritaires étroitement liés.

Le Mali reste confronté aux activités de groupes jihadistes affiliés notamment à Al-Qaïda et à l’organisation État islamique, tandis que l’Algérie surveille avec attention l’évolution de l’insécurité dans l’ensemble du Sahel.

La réouverture des espaces aériens et le retour des ambassadeurs constituent ainsi les premiers signes tangibles d’une normalisation.

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