12 Août 2026, mer

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Bénin : Patrice Talon prend la tête du nouveau Sénat

Bénin Patrice Talon prend la tête du nouveau Sénat

ParGrandes Lignes

Quelques mois après avoir quitté la présidence de la République, Patrice Talon retrouve une fonction institutionnelle de premier plan. L’ancien chef de l’État a été élu président du Sénat, nouvelle chambre haute du Parlement béninois, dont le bureau est désormais entièrement constitué.

Le nouveau visage du Sénat béninois est connu. Réunis jeudi 6 août à Porto-Novo, les membres de la Chambre haute ont confié sa présidence à Patrice Talon, qui poursuit ainsi son parcours au sommet des institutions après son départ de la présidence de la République.

L’ancien chef de l’État sera épaulé par Louis Vlavonou. L’ancien président de l’Assemblée nationale a été choisi comme vice-président du Sénat.

Alassane Seidou, ancien ministre de l’Intérieur, devient rapporteur, tandis qu’Adidjatou Mathys occupera la fonction de rapporteure suppléante.

Ces désignations achèvent la mise en place de la direction d’une institution encore inédite dans le paysage politique contemporain du Bénin.

Un conclave à huis clos à Porto-Novo

L’élection s’est déroulée au Palais des Gouverneurs de Porto-Novo.

Avant le début des délibérations, Élisabeth Pognon, ancienne présidente de la Cour constitutionnelle et doyenne d’âge en second du Sénat, a demandé aux membres de la chambre d’observer une minute de silence.

L’objectif, selon elle, était de permettre à chacun d’interroger sa conscience avant de participer au choix des responsables appelés à conduire la nouvelle institution.

La presse a ensuite été invitée à quitter la salle. Les sénateurs ont poursuivi leurs discussions et procédé aux désignations à huis clos.

Une présidence réservée à certaines personnalités

L’accès aux deux principales fonctions du Sénat répond à des règles particulières.

Seuls les membres de droit pouvaient prétendre à la présidence ou à la vice-présidence. Cette catégorie rassemble notamment les anciens chefs de l’État, les anciens présidents de l’Assemblée nationale et les anciens présidents de la Cour constitutionnelle.

Le poste de rapporteur était en revanche accessible à l’ensemble des vingt-cinq membres de la chambre.

Le choix de Patrice Talon place ainsi un ancien président de la République à la tête d’une institution appelée à occuper une position importante dans le nouvel équilibre parlementaire béninois.

Un mandat de cinq ans

Le bureau exécutif est organisé autour de trois principales fonctions : président, vice-président et rapporteur. Leurs titulaires disposent d’un mandat de cinq ans renouvelable.

Le président dirige les séances plénières, organise les travaux et représente le Sénat dans ses relations avec les autres institutions constitutionnelles.

Le vice-président l’assiste dans ses fonctions et prend sa place lorsqu’il est empêché.

Le rapporteur assure notamment le suivi des textes examinés par la chambre ainsi que la conservation et l’organisation des comptes rendus de ses travaux.

Avec cette organisation, la nouvelle Chambre haute dispose désormais de l’appareil nécessaire pour commencer pleinement ses activités.

Les dernières étapes d’une installation progressive

L’élection de Patrice Talon intervient quelques jours seulement après l’entrée officielle en fonction des sénateurs.

Les membres de la nouvelle institution avaient pris leurs fonctions le 30 juillet à Porto-Novo, au cours d’une cérémonie organisée au siège de l’Assemblée nationale.

Ils avaient également adopté leur règlement intérieur le même jour.

Comme le prévoit la procédure institutionnelle, le texte avait ensuite été transmis à la Cour constitutionnelle afin d’en vérifier la conformité avec la Constitution.

La juridiction constitutionnelle l’a validé le 3 août, permettant au Sénat de poursuivre son installation et de procéder à la désignation de son bureau.

Le retour d’une deuxième chambre au Parlement béninois

Au-delà de l’élection de Patrice Talon, c’est surtout la transformation de l’architecture institutionnelle du Bénin qui se concrétise.

Depuis son indépendance en 1960, le pays avait fonctionné sans chambre haute permanente dans son organisation parlementaire contemporaine.

La constitution du Sénat introduit désormais un nouvel échelon dans le fonctionnement des institutions et ouvre une nouvelle séquence politique.

Avec l’installation de son bureau, la période de mise en place s’achève. Reste désormais à observer la place que prendra cette Chambre haute dans les rapports avec l’Assemblée nationale, le pouvoir exécutif et les autres institutions du pays.

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