À moins d’un an de la présidentielle de 2027, le parquet de Paris enquête sur plusieurs opérations de manipulation attribuées à des réseaux russes et visant Gabriel Attal, Édouard Philippe et Raphaël Glucksmann. Fausses informations sur leur santé, vidéos truquées et faux sites d’information figurent parmi les procédés examinés.
La campagne présidentielle française n’a pas encore pleinement commencé que la menace des ingérences étrangères s’invite déjà dans le scrutin. Le parquet de Paris a annoncé, mardi 18 août, s’être saisi de soupçons d’opérations visant plusieurs personnalités susceptibles de jouer un rôle majeur dans l’élection de 2027.
Sa section chargée de la protection des libertés fondamentales examine désormais les faits concernant Gabriel Attal et Édouard Philippe. Raphaël Glucksmann faisait déjà l’objet d’une procédure portant sur des faits similaires.
Le parquet précise avoir agi de sa propre initiative, avant même la réception des plaintes déposées par certaines des personnalités concernées.
Des rumeurs ciblant la santé d’Attal et Philippe
Gabriel Attal avait annoncé début août avoir porté plainte pour « ingérence étrangère », estimant être la cible d’opérations provenant de réseaux russes.
L’ancien Premier ministre a notamment été visé par des publications laissant entendre qu’il pourrait souffrir de la maladie de Parkinson. Ces affirmations, présentées sous différentes formes sur les réseaux sociaux, sont considérées comme des tentatives de manipulation.
Édouard Philippe a lui aussi été ciblé sur la question de sa santé. Une vidéo diffusée le 21 juillet prétendait que l’ancien Premier ministre souffrait d’une maladie dégénérative.
La santé du maire du Havre constitue un terrain particulièrement sensible pour ce type d’opérations. Édouard Philippe avait publiquement évoqué par le passé son alopécie et son vitiligo. Les contenus faisant désormais l’objet d’un examen judiciaire sont toutefois d’une autre nature : ils lui attribuent une pathologie qui n’est pas établie.
Un faux média utilisé contre Raphaël Glucksmann
Raphaël Glucksmann a été confronté à une opération différente mais reposant sur la même logique : fabriquer un contenu suffisamment crédible pour lui donner l’apparence d’une véritable information.
Un site créé pour imiter les codes graphiques d’un média de gauche a diffusé un montage vidéo accusant faussement l’eurodéputé et sa compagne, la journaliste Léa Salamé, d’avoir obtenu contre rémunération le soutien de médias à une éventuelle candidature présidentielle.
Le dirigeant de Place publique a porté plainte le 12 août.
Il a directement mis en cause la Russie de Vladimir Poutine, estimant que la France ne pouvait permettre à une puissance étrangère de chercher à influencer l’élection présidentielle de 2027.
Les premières opérations visant directement les prétendants à l’Élysée
Selon les éléments disponibles, ces campagnes de manipulation n’auraient jusqu’à présent obtenu qu’une audience limitée. Leur nature inquiète néanmoins les autorités puisqu’elles ciblent directement des personnalités susceptibles de participer à la prochaine présidentielle.
Gabriel Attal et Édouard Philippe se positionnent déjà dans la perspective de 2027. Raphaël Glucksmann, sans avoir encore officiellement déclaré sa candidature, fait également partie des personnalités régulièrement citées pour représenter une partie de la gauche.
Le parquet de Paris a donc choisi de traiter les trois dossiers sans attendre. Sa section spécialisée s’est saisie des faits avant même que les plaintes ne lui parviennent officiellement.
L’enjeu dépasse désormais les seules personnalités ciblées. À mesure que la présidentielle approche, les autorités françaises devront déterminer si ces contenus relèvent d’initiatives isolées ou d’une stratégie coordonnée destinée à fragiliser certains candidats, brouiller le débat public et influencer l’opinion française.












