18 Août 2026, mar

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Nicolas Altmayer, producteur d’« OSS 117 », et Mathilde Favier, figure de Dior, sont morts

Nicolas Altmayer, producteur d’« OSS 117 », et Mathilde Favier, figure de Dior, sont morts

Le producteur derrière « OSS 117 », « Brice de Nice » ou encore plusieurs films de François Ozon est mort lundi dans les Deux-Sèvres aux côtés de sa compagne Mathilde Favier, figure des relations publiques de Dior Couture. Ils avaient respectivement 61 et 56 ans.

Deux univers de la création française perdent simultanément deux de leurs figures les plus influentes, mais aussi parmi les plus discrètes.

Nicolas Altmayer, producteur majeur du cinéma français, et sa compagne Mathilde Favier, directrice des relations publiques de Dior Couture, sont morts lundi après-midi dans un accident de la circulation survenu à Airvault, dans les Deux-Sèvres.

Le couple circulait à bord d’une Mini sur la départementale 938, entre Thouars et Parthenay, lorsque son véhicule a été percuté par un poids lourd arrivant en sens inverse. Le parquet de Niort a confirmé l’identité des deux victimes.

Nicolas Altmayer et Mathilde Favier étaient en route entre Cabourg et l’île de Ré, où cette dernière possédait une maison.

Derrière leurs deux noms se dessinent des trajectoires rarement exposées au grand public, mais particulièrement influentes dans le cinéma et la haute couture française.

Nicolas Altmayer, producteur de quelques-uns des grands succès du cinéma français

À 61 ans, Nicolas Altmayer était avant tout un homme de l’ombre.

Avec son frère Éric, il dirigeait Mandarin, société devenue au fil des années l’une des structures importantes de la production cinématographique française.

Son catalogue permet de mesurer l’étendue de son influence.

Nicolas Altmayer avait accompagné les deux premiers films de la saga « OSS 117 », avec Jean Dujardin, mais aussi les comédies « Brice de Nice ». Il avait également travaillé avec François Ozon sur plusieurs longs-métrages.

Son activité dépassait largement le cinéma populaire.

Il avait produit « Saint Laurent » de Bertrand Bonello, consacré au couturier Yves Saint Laurent et choisi pour représenter la France dans la course aux Oscars.

Il avait également accompagné les réalisations de Grands Corps Malade, notamment « Patients », « La Vie scolaire » et « Monsieur Aznavour », ainsi que celles des frères Foenkinos ou de Reem Kherici.

Au fil des années, Nicolas Altmayer avait ainsi construit une filmographie mêlant cinéma d’auteur, comédie populaire et productions à gros potentiel commercial.

Celui qui avait cru en Franck Gastambide

La télévision et les plateformes occupaient également une place croissante dans son activité.

Nicolas Altmayer avait notamment produit « Cœurs noirs » ainsi que plusieurs créations de Franck Gastambide, dont « Validé » et « La Cage ».

La collaboration entre les deux hommes remontait à une quinzaine d’années.

Nicolas Altmayer avait accompagné Gastambide dès « Les Kaïra », bien avant que le réalisateur et comédien ne devienne l’une des personnalités les plus identifiables du cinéma populaire français.

Leur collaboration devait encore se poursuivre avec « Stones », attendu au cinéma en 2027.

Après l’annonce du décès, Franck Gastambide a décrit un homme qui avait été bien davantage qu’un producteur : un mentor et une présence quotidienne dans sa carrière.

Les deux hommes s’étaient encore parlé au téléphone le matin précédant l’accident.

Nicolas Altmayer était père de quatre enfants.

Mathilde Favier, l’autre visage de Dior

À ses côtés se trouvait Mathilde Favier, 56 ans, personnalité beaucoup moins connue du grand public mais incontournable dans l’univers de la mode.

Depuis plus d’une décennie, elle dirigeait les relations publiques de Dior Couture.

Son métier consistait notamment à entretenir les relations de la maison avec les personnalités internationales et à orchestrer leur présence autour des créations Dior, des défilés aux grandes cérémonies.

Michelle Yeoh, Charlize Theron, Jennifer Lawrence ou encore Anya Taylor-Joy comptaient parmi les célébrités qu’elle avait accompagnées.

Avant Dior, Mathilde Favier avait passé onze années chez Prada après avoir commencé sa carrière dans l’univers de la presse, notamment chez « Glamour ».

Son influence reposait moins sur l’exposition personnelle que sur un réseau construit pendant plusieurs décennies entre Paris, Hollywood et les grandes capitales internationales de la mode.

Une certaine idée de l’élégance parisienne

Mathilde Favier avait néanmoins commencé à apparaître davantage publiquement ces dernières années.

Dans son livre « Mathilde à Paris », elle racontait son rapport à la capitale, à la mode, aux lieux, à la beauté et à un certain art de vivre parisien.

Cette image élégante cachait également une expérience personnelle plus difficile.

Touchée par un cancer du sein, elle avait choisi de parler publiquement de la maladie et de la manière dont celle-ci avait modifié son rapport au corps et à la beauté.

Elle avait également fondé l’association « Esthétique & Cancer », destinée à accompagner les personnes confrontées à la maladie en utilisant les soins esthétiques comme moyen de retrouver confiance et estime de soi.

Mathilde Favier était mère de deux enfants.

Un couple discret entre cinéma et haute couture

Nicolas Altmayer et Mathilde Favier appartenaient finalement à deux industries françaises dont le rayonnement international repose autant sur les personnalités placées sous les projecteurs que sur celles qui travaillent derrière elles.

Lui choisissait les projets, réunissait les financements et accompagnait réalisateurs et comédiens jusqu’aux écrans.

Elle travaillait dans cet autre univers où une robe portée lors d’une cérémonie internationale peut devenir, en quelques heures, une image mondiale.

Tous deux avaient construit leur influence loin de la célébrité qu’ils contribuaient pourtant à fabriquer.

ParGrandes Lignes

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