10 Août 2026, lun

[gl_scroll_menu]

Saint-Denis : ce qu’il faut savoir de la plainte visant le maire Bally Bagayoko

Saint-Denis ce qu’il faut savoir de la plainte visant le maire Bally Bagayoko

ParGrandes LignesAFP

Une association anticorruption a saisi le Parquet national financier au sujet de soupçons de détournement de fonds publics, d’emploi fictif et de cumul irrégulier d’activités. Le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, dénonce une offensive politique et affirme rester serein.

Quelques mois après son élection à la mairie de Saint-Denis, Bally Bagayoko se retrouve au centre d’une affaire susceptible de prendre une dimension judiciaire.

L’association AC!! Anti-Corruption a déposé une plainte contre X auprès du Parquet national financier après la publication d’informations faisant état d’un possible cumul entre les fonctions exercées par l’élu à la RATP et ses différents mandats politiques.

À ce stade, aucune culpabilité n’est établie et le parquet doit encore décider s’il ouvre ou non une enquête.

Sur quoi repose la plainte ?

Les soupçons portent principalement sur la période antérieure à l’élection de Bally Bagayoko comme maire.

Avant de prendre la tête de Saint-Denis, l’élu avait travaillé pendant plusieurs années comme cadre à la RATP tout en exerçant des responsabilités politiques locales, notamment comme adjoint au maire et, pendant un temps, vice-président du conseil départemental.

L’association demande que soient vérifiées les conditions exactes dans lesquelles ces différentes fonctions ont été cumulées.

Elle souhaite notamment savoir si les autorisations nécessaires avaient été délivrées, quel était le temps effectivement consacré à son activité professionnelle et si les rémunérations versées correspondaient à un travail réellement accompli.

Pourquoi la question d’un emploi fictif est-elle évoquée ?

Le cœur du dossier porte sur la présence effective de Bally Bagayoko à la RATP pendant les périodes où il exerçait parallèlement plusieurs responsabilités politiques.

Si une personne perçoit une rémunération correspondant à un emploi à temps plein alors qu’elle n’exerce pas réellement l’intégralité des fonctions attendues, la question d’une utilisation irrégulière de fonds publics peut se poser.

C’est précisément ce que l’association demande au Parquet national financier de vérifier.

La plainte évoque également de possibles faits de prise illégale d’intérêts, de favoritisme, de manquement à la probité et de cumul irrégulier d’activités publiques.

Il appartient désormais à la justice de déterminer si les éléments disponibles justifient l’ouverture d’investigations.

Des indemnités municipales également examinées

Un autre élément alimente les interrogations.

Après la perte de son mandat départemental en 2015, les indemnités perçues par Bally Bagayoko comme adjoint au maire auraient fortement augmenté.

Cette évolution aurait permis de compenser en partie la disparition de sa rémunération liée au département, alors qu’il continuait parallèlement à percevoir son salaire à la RATP.

Là encore, une hausse d’indemnité n’est pas illégale en elle-même.

La question porte sur les conditions de son attribution et sur l’équilibre entre l’ensemble des fonctions rémunérées exercées au même moment.

Qui est AC!! Anti-Corruption ?

Créée en 2021, AC!! Anti-Corruption se présente comme une association citoyenne spécialisée dans la lutte contre la corruption et les atteintes à la probité publique.

Elle réunit notamment plusieurs anciens membres d’organisations engagées sur ces questions.

Son président d’honneur est l’ancien juge Éric Halphen, figure connue de la lutte contre la corruption en France.

L’association affirme avoir saisi le Parquet national financier parce qu’elle considère que les faits rapportés concernant un élu et une entreprise publique justifient des vérifications.

Elle précise que sa démarche ne préjuge pas de la culpabilité des personnes concernées.

Bally Bagayoko dénonce une tentative de déstabilisation

Le maire de Saint-Denis n’a pas souhaité commenter directement le contenu de la plainte.

Il a toutefois réagi publiquement en dénonçant une succession d’attaques qu’il considère comme politiquement motivées.

Bally Bagayoko estime que ces accusations cherchent à affaiblir la dynamique politique qui l’a conduit à la mairie et met notamment en cause l’entourage de son prédécesseur socialiste.

L’élu affirme rester serein sur les éventuelles suites judiciaires et indique que ses équipes rassemblent les documents susceptibles de répondre aux accusations.

La RATP se dit prête à coopérer

La RATP affirme, de son côté, être disposée à transmettre à la justice tous les éléments nécessaires si une enquête est ouverte.

Cette position pourrait permettre aux magistrats de vérifier les contrats de travail, les rémunérations, les horaires, les éventuelles autorisations de cumul et la présence effective de l’élu au sein de l’entreprise.

Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France et d’Île-de-France Mobilités, a également demandé que toute la transparence soit faite sur les pratiques de recrutement de la RATP.

Que va-t-il se passer maintenant ?

Le dépôt d’une plainte ne signifie pas automatiquement qu’une enquête sera ouverte.

Le Parquet national financier doit d’abord analyser les faits et les documents transmis.

Il peut décider de classer l’affaire, demander des vérifications préliminaires ou ouvrir une enquête plus approfondie.

À ce stade, Bally Bagayoko n’est pas mis en examen et aucune infraction n’a été judiciairement établie.

La rédaction vous conseille