22 Août 2026, sam

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Trump suspend ses droits de douane de 50 % sur le Canada après l’annonce d’un accord

Trump suspend ses droits de douane de 50 % sur le Canada après l’annonce d’un accord

Donald Trump a repoussé de trois jours l’entrée en vigueur de nouveaux droits de douane de 50 % visant une partie des produits canadiens. Washington et Ottawa affirment avoir réalisé des progrès importants vers un accord commercial, mais plusieurs différends doivent encore être réglés.

Donald Trump accorde trois jours à Ottawa.

Le président américain a annoncé mardi soir la suspension temporaire des droits de douane de 50 % qui devaient entrer en vigueur dès le lendemain sur une série de produits importés du Canada. Cette décision intervient alors que les deux gouvernements tentent de finaliser un accord susceptible d’éviter une nouvelle escalade commerciale en Amérique du Nord.

« J’ai suspendu les tarifs de 50 % contre le Canada […] pour une période de trois jours », a déclaré Trump sur les réseaux sociaux, affirmant que les deux pays disposaient désormais d’un accord, sous réserve de finaliser les documents.

Les nouvelles taxes devaient concerner environ 20 milliards de dollars de marchandises canadiennes, soit près de 5 % des exportations annuelles du pays vers les États-Unis. Équipements électroniques, plastiques, matériaux de construction et crosses de hockey figuraient notamment parmi les produits concernés.

Washington annonce plusieurs concessions

Le Bureau du représentant américain au commerce affirme que l’accord en préparation doit améliorer l’accès des produits américains au marché canadien.

Il prévoit également des engagements en matière de « sécurité économique » ainsi qu’un rapprochement des positions des deux pays sur le commerce numérique, source de désaccords persistants entre Washington et Ottawa.

Donald Trump affirme également avoir obtenu une avancée sur un dossier qu’il défend depuis plusieurs années : Keystone XL.

Le président américain estime que le projet d’oléoduc, abandonné après l’arrivée de Joe Biden à la Maison-Blanche, pourrait désormais être relancé.

« Le grand pipeline Keystone XL […] pourrait bien être réveillé de la tombe », a-t-il déclaré.

Le projet devait acheminer davantage de pétrole brut de l’ouest canadien vers les États-Unis. Soutenu par le gouvernement canadien, il avait rencontré une forte opposition de propriétaires fonciers américains, d’organisations environnementales et de groupes autochtones.

Joe Biden avait révoqué en 2021 le permis présidentiel accordé sous le premier mandat de Trump. TC Energy et le gouvernement de l’Alberta avaient ensuite abandonné le projet.

Mark Carney avait toutefois indiqué l’année dernière avoir discuté avec Trump de nouvelles coopérations énergétiques entre les deux pays, y compris autour de Keystone XL.

Ottawa reste plus prudent

Le Premier ministre canadien se montre nettement moins catégorique que Donald Trump sur l’issue des négociations.

Mark Carney reconnaît des « progrès substantiels », mais prévient qu’un travail important reste nécessaire avant de parvenir à un règlement définitif.

Le dirigeant canadien continue parallèlement de défendre une stratégie visant à réduire la dépendance économique de son pays envers les États-Unis.

Cette prudence s’explique par les nombreux contentieux qui restent à régler.

Washington reproche notamment au Canada les restrictions provinciales visant certains alcools américains, les protections accordées au secteur laitier ainsi que les quotas et droits appliqués à certains véhicules américains.

Plusieurs de ces mesures avaient elles-mêmes été adoptées par Ottawa en réponse aux précédentes taxes américaines.

Une guerre commerciale momentanément évitée

L’entrée en vigueur des droits de 50 % aurait pu provoquer une nouvelle confrontation commerciale entre les deux voisins.

Le Canada avait déjà averti qu’il était prêt à riposter. Avec la Chine, Ottawa figure parmi les gouvernements ayant répondu aux précédentes offensives tarifaires de Trump par leurs propres droits de douane.

Depuis son arrivée au pouvoir, Mark Carney a précisément cherché à montrer qu’il ne céderait pas systématiquement aux pressions économiques américaines.

La nouvelle menace tarifaire a néanmoins accéléré des discussions qui étaient largement paralysées depuis plusieurs mois.

Dominic LeBlanc, ministre canadien chargé du commerce avec les États-Unis, et Janice Charette, principale négociatrice commerciale d’Ottawa, ont multiplié les rencontres à Washington ces dernières semaines. Trump et Carney se sont eux-mêmes entretenus deux fois par téléphone cette semaine.

L’accord nord-américain en toile de fond

Un compromis pourrait désormais permettre aux deux gouvernements de s’attaquer à un dossier encore plus important : l’avenir de l’accord commercial États-Unis–Mexique–Canada.

Le pacte, négocié pendant le premier mandat de Donald Trump pour remplacer l’Accord de libre-échange nord-américain, est actuellement soumis à réexamen.

L’administration américaine a refusé de le reconduire en l’état et Trump a plusieurs fois laissé planer la possibilité d’un retrait.

Washington a déjà progressé dans ses discussions avec Mexico, tandis que les négociations avec Ottawa ont pris du retard.

La suspension annoncée mardi offre désormais trois jours supplémentaires aux deux pays pour transformer leurs avancées en accord formel. Elle éloigne temporairement la menace d’une nouvelle guerre commerciale, sans pour autant régler les différends qui continuent de peser sur l’une des relations économiques les plus importantes au monde.

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