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Cisjordanie : Israël rétablit Ganim, une colonie évacuée il y a vingt ans

Cisjordanie Israël rétablit Ganim, une colonie évacuée il y a vingt ans

ParGrandes LignesAFP

Démantelée en 2005 dans le cadre du plan de retrait décidé par Ariel Sharon, la colonie israélienne de Ganim renaît dans le nord de la Cisjordanie occupée. Une vingtaine d’habitations préfabriquées ont déjà été installées, alors que le gouvernement de Benjamin Netanyahu accélère l’expansion des implantations israéliennes dans le territoire palestinien.

Vingt et un ans après son évacuation, des familles israéliennes s’installent de nouveau à Ganim.

La colonie, située près de Jénine dans le nord de la Cisjordanie occupée, a officiellement été inaugurée jeudi en présence de responsables politiques israéliens. Sur place, les travaux avancent rapidement : une nouvelle route a été aménagée, des maisons préfabriquées installées et des engins préparent déjà de nouvelles parcelles destinées à accueillir des logements.

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a fait le déplacement pour afficher le soutien du gouvernement à cette réinstallation.

« Nous sommes revenus à Ganim et nous sommes revenus pour y rester », a-t-il déclaré.

Une décision qui revient sur le retrait de 2005

Ganim avait disparu de la carte des colonies israéliennes lors du vaste désengagement décidé par le gouvernement d’Ariel Sharon en 2005.

Israël avait alors évacué toutes ses colonies de la bande de Gaza ainsi que quatre implantations isolées du nord de la Cisjordanie : Ganim, Homesh, Sa-Nour et Kadim.

Leur position géographique, notamment leur proximité avec Jénine et leur isolement par rapport aux principaux blocs de colonies, avait contribué à la décision de les abandonner.

Plus de deux décennies plus tard, cette politique est progressivement inversée.

Trois des quatre implantations évacuées à l’époque ont désormais été rétablies sous le gouvernement de Benjamin Netanyahu.

Une vingtaine de logements déjà installés

À Ganim, le retour ne se limite plus à une décision politique.

Environ vingt maisons préfabriquées sont déjà présentes sur la colline. Des familles commencent à s’y installer tandis que les travaux se poursuivent pour permettre l’arrivée de nouveaux habitants.

Il y a encore quelques semaines, le terrain était pratiquement vierge.

Pour les nouveaux résidents, cette installation est présentée comme un retour sur des terres abandonnées par Israël il y a deux décennies.

Cette dynamique bénéficie désormais d’un soutien assumé de plusieurs membres du gouvernement.

Une centaine de personnes ont participé à l’inauguration, parmi lesquelles des parlementaires, deux ministres et des habitants venus d’autres colonies de Cisjordanie.

Des villages palestiniens directement concernés

Dans les localités palestiniennes situées autour de Ganim, cette réinstallation suscite au contraire de fortes inquiétudes.

Des habitants redoutent une multiplication des restrictions de circulation et une extension progressive de la colonie.

Ces derniers jours, l’armée israélienne a démoli plusieurs commerces situés le long de la route permettant d’accéder à Ganim depuis Israël. Plusieurs chemins de terre desservant des villages palestiniens ont également été bloqués par des gravats.

Les habitants interrogés dans la vallée craignent que l’expansion de la colonie ne réduise davantage leur accès aux terres et ne finisse par les pousser à partir.

Un projet plus vaste dans le nord de la Cisjordanie

Ganim s’inscrit dans une politique qui dépasse largement cette seule implantation.

Yossi Dagan, président du conseil régional chargé des colonies du secteur, a annoncé qu’un programme portant sur la création de 19 nouvelles implantations dans la région bénéficiait du soutien du gouvernement.

Lors de l’inauguration, il a présenté le retour à Ganim comme le début d’une expansion beaucoup plus importante de la présence israélienne dans le nord de la Cisjordanie.

L’objectif affiché n’est donc plus seulement de reconstruire les colonies abandonnées en 2005, mais d’augmenter considérablement le nombre d’Israéliens installés dans cette partie du territoire.

La colonisation poursuit son accélération

Depuis le retour de Benjamin Netanyahu au pouvoir, le gouvernement israélien a multiplié les décisions favorables au développement des colonies et à la régularisation d’avant-postes jusque-là construits sans autorisation officielle.

Ces avant-postes commencent généralement par quelques caravanes ou bâtiments préfabriqués avant de s’étendre progressivement.

La réinstallation de Ganim constitue une nouvelle étape de cette politique.

Elle possède également une portée particulière : en rétablissant une implantation que l’État israélien avait lui-même démantelée en 2005, le gouvernement efface progressivement l’un des héritages du plan de désengagement d’Ariel Sharon.

Vingt et un ans après avoir quitté Ganim, Israël y revient désormais avec l’intention affichée d’y rester.

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