17 Août 2026, lun

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Washington prépare un « isolement économique » sans précédent contre l’Iran

Washington prépare un « isolement économique » sans précédent contre l’Iran

ParGrandes LignesAFP

Les États-Unis s’apprêtent à dévoiler une nouvelle série de mesures économiques contre l’Iran, après près de six mois de guerre et des négociations de paix toujours dans l’impasse. Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, promet un dispositif d’une ampleur inédite, destiné à accentuer la pression sur une économie iranienne déjà durement éprouvée par le conflit et le blocus de ses ports.

L’administration Trump devrait présenter ces mesures dès la semaine prochaine. Elles viendront compléter le dispositif naval américain qui limite fortement les exportations iraniennes.

Bessent promet des mesures jamais appliquées auparavant

Scott Bessent a annoncé cette nouvelle offensive économique jeudi lors d’un entretien accordé à Newsmax.

« Restez à l’affût pour d’autres annonces à venir la semaine prochaine, car nous allons appliquer des mesures jamais vues dans l’histoire de l’isolement économique d’un pays », a déclaré le secrétaire au Trésor.

Selon lui, Washington entend mener une stratégie en deux volets : maintenir le blocus des ports iraniens tout en renforçant considérablement les restrictions économiques imposées à Téhéran.

Les détails du dispositif n’ont pas encore été dévoilés.

Six mois de guerre ont affaibli l’économie iranienne

Le conflit a commencé le 28 février, lorsque les États-Unis et Israël ont lancé une série de frappes contre l’Iran. Téhéran avait riposté en utilisant missiles et drones contre des installations américaines et plusieurs alliés de Washington au Moyen-Orient.

Des milliers de personnes ont été tuées, principalement en Iran, avant la conclusion d’une trêve en juin.

Depuis, les affrontements ont diminué sans disparaître. Les négociations destinées à parvenir à un accord durable stagnent, tandis que les perturbations dans le détroit d’Ormuz continuent de peser sur le commerce du pétrole et d’autres matières premières.

L’Iran a subi d’importants dégâts sur ses infrastructures industrielles. Ses exportations de pétrole ont également fortement diminué sous l’effet du blocus américain.

Ces difficultés n’ont toutefois pas conduit Téhéran à céder sur ses principales lignes rouges, notamment son programme nucléaire et la question du contrôle du détroit d’Ormuz.

Jusqu’où Washington peut-il encore aller ?

L’annonce de Scott Bessent soulève une question : après plusieurs années de sanctions massives, quelles mesures supplémentaires les États-Unis peuvent-ils encore imposer à l’économie iranienne ?

Depuis 2018, Washington aurait déjà adopté environ 2 200 sanctions visant Téhéran, selon Jeremy Paner, spécialiste des sanctions économiques chez Hughes Hubbard & Reed.

L’une des options les plus lourdes consisterait à renforcer les sanctions secondaires contre les pays et les entreprises qui continuent d’acheter du pétrole iranien.

Une telle stratégie viserait directement certains des principaux partenaires commerciaux de Téhéran, au premier rang desquels la Chine.

Mais elle comporterait également des risques importants. Pékin pourrait adopter des mesures de représailles, tandis qu’une nouvelle perturbation des exportations iraniennes pourrait accroître la volatilité des prix mondiaux de l’énergie.

Trump privilégie désormais la pression économique

Donald Trump a récemment multiplié les déclarations sur la fragilité financière de l’Iran.

Le président américain estime que l’inflation et le manque de ressources financières réduisent progressivement la marge de manœuvre de Téhéran. Il affirme pour l’instant se satisfaire de cette pression et observer l’évolution de la situation.

Ce choix intervient alors que la poursuite de la campagne militaire devient politiquement et matériellement plus difficile pour Washington. Les États-Unis doivent gérer les besoins croissants en munitions, tandis que l’opposition à une prolongation de la guerre progresse à quelques mois des élections de mi-mandat de novembre.

La Maison-Blanche semble ainsi chercher à renforcer le coût économique du conflit pour l’Iran sans ouvrir une nouvelle phase d’affrontements militaires directs.

Après des décennies de sanctions qui n’ont pas suffi à modifier durablement les choix stratégiques de Téhéran, l’efficacité de cette nouvelle campagne dépendra cependant de sa capacité à couper davantage l’Iran de ses partenaires commerciaux. Les mesures que Washington doit dévoiler la semaine prochaine permettront d’en mesurer véritablement la portée.

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