10 Août 2026, lun

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Gaza : Israël rejette le plan américain pourtant accepté par le Hamas

Gaza Israël rejette le plan américain pourtant accepté par le Hamas

ParGrandes Lignes

Benyamin Netanyahou refuse la dernière feuille de route américaine destinée à lancer la deuxième phase du processus de paix à Gaza. Le Premier ministre israélien exige le désarmement complet du Hamas avant tout retrait de ses troupes, tandis que le mouvement palestinien appelle Washington à intervenir pour empêcher un nouveau blocage.

Le processus de paix à Gaza se heurte à un nouvel obstacle majeur. Israël a officiellement rejeté dimanche 9 août le plan en quinze points présenté par le « Conseil de Paix » voulu par Donald Trump, alors même que le Hamas avait accepté cette feuille de route.

Benyamin Netanyahou a confirmé la position israélienne lors d’une réunion de son cabinet. Pour le Premier ministre, aucun retrait supplémentaire de l’armée israélienne de Gaza ne pourra intervenir tant que le Hamas n’aura pas procédé à un désarmement qu’il qualifie de « véritable ».

Cette exigence place les deux parties devant une nouvelle divergence fondamentale : le calendrier du désarmement et celui du retrait militaire israélien.

Netanyahou exige toutes les armes du Hamas

Le plan américain prévoit de lier progressivement les deux processus.

Dans la feuille de route présentée fin juillet, le désarmement du Hamas doit accompagner un retrait graduel des forces israéliennes. L’arsenal du mouvement palestinien serait placé sous le contrôle du Comité national pour l’administration de Gaza, une structure technocratique palestinienne appelée à administrer temporairement le territoire.

Israël considère cette mécanique insuffisante.

« Nous parlons d’un véritable désarmement, pas d’un désarmement fictif », a insisté Benyamin Netanyahou.

Pour le gouvernement israélien, cela signifie que le Hamas doit renoncer à l’ensemble de ses armes avant qu’un retrait militaire israélien puisse être engagé.

Le Hamas défend une séquence différente : un désarmement progressif accompagnant le retrait des forces israéliennes, plutôt qu’une remise préalable et unilatérale de son arsenal.

Le Hamas se tourne vers Washington

Après l’annonce israélienne, le Hamas a directement interpellé les États-Unis.

Le mouvement palestinien demande à Washington de faire pression sur Benyamin Netanyahou afin que le gouvernement israélien respecte la feuille de route et ne bloque pas son application pour des considérations de politique intérieure.

Le Hamas avait confirmé samedi être prêt à appliquer le plan américain.

Cette position place désormais l’administration Trump dans une situation délicate : la proposition élaborée sous son impulsion dispose de l’accord du Hamas, mais pas de celui d’Israël, son principal allié régional.

Les assurances américaines n’ont pas convaincu Israël

Washington avait pourtant tenté de répondre aux préoccupations israéliennes.

Après une rencontre avec Benyamin Netanyahou, le haut représentant du Conseil de Paix pour Gaza, Nikolaï Mladenov, avait assuré que les forces israéliennes ne quitteraient les zones concernées qu’une fois le désarmement du Hamas effectivement réalisé.

Ces garanties n’ont pas suffi.

« Ils ont des idées ; certaines nous conviennent et d’autres non, et nous savons défendre nos positions sur ces questions », a déclaré Benyamin Netanyahou à propos de ses discussions avec les États-Unis.

Le désaccord porte donc moins sur l’objectif final le désarmement du Hamas que sur les garanties permettant à Israël de considérer celui-ci comme irréversible avant de retirer ses soldats.

Le gouvernement transitoire de Gaza également bloqué

Une autre disposition centrale du plan reste paralysée.

Le Comité national pour l’administration de Gaza doit prendre en charge la gestion du territoire pendant la période de transition. Cette structure technocratique palestinienne est notamment appelée à superviser le stockage des armes remises par le Hamas.

Mais ses membres restent pour l’instant en Égypte, Israël refusant leur entrée dans la bande de Gaza.

Sans installation de cette administration transitoire et sans accord sur la question des armes, le passage à la deuxième phase du processus apparaît donc compromis.

La politique israélienne pèse sur les négociations

Le refus de Benyamin Netanyahou intervient également dans un contexte politique intérieur particulièrement sensible.

À quelques mois des élections législatives, le Premier ministre reste soumis à la pression de ses partenaires d’extrême droite, hostiles à des concessions susceptibles d’être interprétées comme un recul face au Hamas.

Cette contrainte réduit sa marge de manœuvre au moment où Washington cherche à faire avancer son dispositif pour l’après-guerre.

La situation crée ainsi un paradoxe diplomatique : le Hamas accepte désormais officiellement le document américain, tandis qu’Israël refuse les modalités proposées pour atteindre un objectif qu’il défend lui-même, le désarmement du mouvement palestinien.

Tout dépend désormais de la capacité de Washington à rapprocher les positions.

Sans compromis sur l’ordre des étapes désarmement du Hamas, retrait israélien et installation de l’administration transitoire la deuxième phase du plan pour Gaza risque de rester bloquée avant même d’avoir véritablement commencé.

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